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Blé au stade 2 nœuds, avant le dernier apport d’azote, en avril 2019 en hauts de France Messagerie Hauts-de-France

Blé : quelles stratégies de fertilisation azotée adopter en cette fin de cycle ?

02 mai 2019

Il est recommandé d’attendre les conditions optimales pour déclencher le dernier apport d’azote, selon les pluies annoncées. Rappelons qu’un apport même tardif jusqu’à dernière feuille étalée (prévu autour du 10 mai), voire gonflement sera valorisé par la plante et permettra d’optimiser le rendement et la teneur en protéine.

Malgré des conditions relativement sèches au printemps, des passages pluvieux à des stades « clefs » ont permis aux parcelles de blé de ne pas trop souffrir du déficit hydrique. Ils ont également permis une assez bonne valorisation des apports azotés jusqu’à maintenant, s’accompagnant d’un développement correct des parcelles.

Au 25 avril, la plupart des parcelles de céréales sont au stade 2 nœuds et déjà, les premières s’approchent du stade dernière feuille pointante (DFP), à partir duquel les diagnostics de nutrition azotée peuvent être engagés.

Quelle valorisation des derniers apports azotés ?

Pour que le dernier apport d’azote réalisé soit considéré comme valorisé et que l’utilisation d’un outil de pilotage apporte toute sa pertinence, il faut un cumul d’environ 15 à 20 mm de pluie dans les deux semaines suivant l’apport (tableau 1).

Tableau 1 : Cumuls de pluie dans les 15 jours suivant la date d’apport réalisé précédement

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Rappelons que ce n’est pas uniquement le cumul d’eau dans les jours qui suivent l’apport qui joue pour l’efficience de l’azote. D’autres facteurs sont à prendre en compte, comme la dynamique de croissance de la plante, la forme d’engrais utilisée (la solution liquide est plus sensible à la volatilisation que la forme solide), le type de sol, le vent ou encore l’état d’enracinement de la culture…

- Les premiers apports azotés réalisés fin février, et jusqu’au 10 mars, ont bénéficié de bonnes conditions de valorisation, grâce entre autre, à des cumuls de pluie suffisants.

- En revanche, les apports réalisés après le 15 mars ont rencontré des conditions relativement sèches et n’ont été que partiellement valorisés ; les pertes par volatilisation ammoniacale pouvant aller de -10 % à -30 %, voire plus selon les situations. En effet, selon les secteurs, il a fallu attendre plus d’une vingtaine de jours pour atteindre un cumul d’eau suffisant. Le secteur de Lens/Béthune est le moins arrosé de la région (tableau 1 et carte 1 : pluie du 15 mars au 23 avril). Le fractionnement présentait donc un intérêt d’autant plus marqué cette année en permettant d’améliorer l’efficience de l’azote

- Les apports réalisés fin mars, début avril ont bénéficié du retour de pluies orageuses sur la plupart des secteurs de la région, à une période stratégique où les besoins de la plante augmentent fortement pendant la montaison (carte 2 : pluie du 1er avril au 15 avril)

- Concernant les apports réalisés après le 10 avril, les cumuls d’eau sont assez faibles, et pour réaliser les prochains diagnostics, il faudra potentiellement attendre le retour de pluie, ou en tenir compte dans le diagnostic.

Les situations de valorisation de l’azote sont donc assez hétérogènes, selon les dates d’apports azotés déjà réalisés, les cumuls d’eau, les secteurs géographiques… et le pilotage du dernier apport avec un outil s’avère d’autant plus pertinent cette année.

Figure 1 : Offre climatique à Mons-en-Chaussée

Printemps assez sec en 2019, mais assez bonne valorisation des apports azotés grâce à quelques passages pluvieux au bon moment.

Carte 1 : Pluie du 15 mars au 23 avril 2019


Carte 2 : Pluie du 1er avril au 15 avril 2019

Quelle marche à suivre pour le dernier apport de fin de cycle ?

Globalement sur la région, on peut considérer que la relative sécheresse du printemps n’a pas entamé le potentiel des cultures qui pour l’instant se maintient à l’optimum, contrairement à d’autres printemps très secs, comme en 2011. (Pour autant, cela ne présage pas du résultat du rendement final !).

Pour la plupart des situations de la région, les pluies attendues cette semaine seront bénéfiques et le diagnostic avec un outil de pilotage pourra se faire dans de bonnes conditions, compte tenu des conditions de valorisation de l’azote des apports précédents.

- Pour les situations où l’apport autour du stade épi 1 cm a mal été valorisé (ex : apport important de 100 u en solution azotée le 18 mars) et si aucun apport n’a été fait depuis, il ne sera pas étonnant que l’outil de pilotage préconise une dose correctrice relativement élevée, puisqu’on peut supposer qu’une grande partie de l’azote précédemment épandu n’est maintenant plus disponible pour la plante, car volatilisé ou réorganisé. La préconisation devra alors être suivi.

- Pour les situations où les apports précédents ont bien été valorisés (apport de fin mars, début avril), les recommandations seront probablement moins élevées et pourront être suivies.

- Attention toutefois aux situations d’apports assez tardifs, réalisés après le 10-15 avril, pour lesquelles l’azote est en cours de valorisation. Dans ces cas, il faudra potentiellement attendre le retour de pluie significative ou interpréter le conseil de l’outil de pilotage en essayant d’estimer : l’azote du dernier apport déjà absorbé, l’azote du dernier apport encore absorbable, l’azote du dernier apport perdu par volatilisation. Mais pour ces situations, il serait dans tous les cas plus sage d’attendre le plus tard possible (DFE) avant de réaliser le diagnostic.

Il est recommandé d’attendre les conditions optimales pour déclencher le dernier apport (pluie annoncée). Rappelons qu’un apport même tardif jusqu’à dernière feuille étalée (prévu autour du 10 mai), voire gonflement sera valorisé par la plante et permettra d’optimiser le rendement et la teneur en protéine.

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