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Apport d’azote à la montaison des blés Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Blé en avance : comment gérer sa fertilisation azotée ?

19 mars 2020

Dès que le stade épi 1 cm est atteint, c’est le moment d’apporter la dose principale d’azote pour couvrir les besoins croissants de la culture. Le point sur les stratégies à adopter dans le contexte particulier de 2020.

A partir du stade épi 1 cm, c’est-à-dire au moment de la reprise de croissance de la culture, les besoins en azote des céréales augmentent significativement. C’est à ce moment qu’il faut apporter la plus forte dose d’azote avec mise en réserve d’une partie de la dose totale dédiée à un pilotage plus précis entre les stades dernière feuille pointante et gonflement. C’est la bonne méthode pour assurer une teneur en protéines élevée sans pour autant prendre de risque vis-à-vis du rendement.

Un stade épi 1 cm très précoce !

En lien avec les cumuls de températures particulièrement élevés cet hiver, l’arrivée du stade épi 1 cm est cette année très précoce, voire record, comme c’était le cas en sortie d’hiver 2007 et 2001. Aujourd’hui, les blés ont environ une quinzaine de jours d’avance par rapport à la médiane, toutes conditions étant égales par ailleurs (lieu, date de semis, variété). En tendance, les situations précoces et tardives se rapprochent dans leur croissance.

Par exemple, à Auxerre et Dijon, pour une variété de type Rubisko semée le 15 octobre, on arrive au record de précocité de ces 20 dernières années (figure 1)

Figure 1 : Date d’atteinte du stade épi 1 cm pour la variété Rubisko semée au 15 octobre 2019 à Dijon (à gauche) et Auxerre (à droite)

Pour rappel, la mesure du stade épi 1 cm se réalise sur le maître-brin, en faisant la moyenne sur 2 prélèvements de 10 plantes contigües.

Reliquat sortie d’hiver : une forte hétérogénéité

La campagne de reliquats d’azote 2020 a été une nouvelle fois particulière : les cumuls de précipitation du 1er novembre 2019 au 15 février 2020 sont au niveau du décile 8, soit 2 années sur 10, parmi les plus humides. La pluie est excédentaire de 0 à 25 % par rapport à la moyenne sur la majorité de la région Bourgogne-Franche-Comté (figure 2). Seule exception, le département de l’Yonne arrive à un cumul excédentaire plus élevé, de 25 à 50 % par rapport à la moyenne des 20 dernières années.

En parallèle, les cumuls de températures enregistrés pendant cette période sont entre le décile 9 et le maximum des 20 dernières années. Cela est favorable à la minéralisation de l’azote et va dans le sens d’une augmentation des reliquats azotés.

D’après les résultats d’analyses d’AUREA publiés récemment, la moyenne du reliquat disponible en Bourgogne est de 22 kg N/ha en 2020, contre 31 kg N/ha en 2019. L’année dernière, la valeur était supérieure à la moyenne en raison d’un hiver sec, limitant le lessivage. On revient donc à des reliquats plutôt dans la tendance historique. Attention, ce chiffre est à prendre avec précaution car c’est une moyenne de situations hétérogènes et de plus, cela provient d’analyses faites principalement sur le premier horizon (70 % des échantillons).

Figure 2 : Ecart du cumul de précipitations (en mm) entre le 1er novembre et le 15 février, par rapport à la moyenne 1998/2018

Reliquat sortie hiver : un risque de lessivage à calculer

En raison du contexte pluvieux de la sortie d’hiver, si des mesures de reliquats ont été faites fin janvier/début février, il est nécessaire de réactualiser cette valeur au stade « épi 1 cm » en estimant les pertes par lixiviation. Cela est surtout valable pour les sols profonds avec un pourcentage d’azote lixivié important sur l’horizon 60-90 cm ; sur les sols superficiels, les pertes sont négligeables.

Figure 3 : Le cumul des pluies du 25 janvier au 5 mars 2020 est supérieur à 100 mm pour la majorité de la région

Des abaques sont mis à disposition par le COMIFER. Ils ont été calculés à partir du modèle de lixiviation LIXIM (INRA, Mary et al., 1999). Ils permettent d’estimer de façon simplifiée la lixiviation d’azote minéral en % de la quantité initiale pour quatre grands types de sols.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du Comifer.

La dose prévisionnelle d’azote doit alors être recalculée avec cette nouvelle valeur de reliquat prenant en compte les pertes par lixiviation.

En pratique, que faire ?

Sur les parcelles ayant déjà atteint le stade épi 1 cm, afin d’assurer la nutrition azotée du blé et de répartir les risques d’une mauvaise valorisation de l’azote par les pluies, il est conseillé de scinder l’apport épi 1 cm en deux : un premier apport immédiat de 60 % de la dose prévue à épi 1 cm, pour profiter des sols humides, et un second apport (environ 40 % de la dose prévue à épi 1 cm) dans 10 jours afin d’accompagner la croissance du blé.

Figure 4 : Arbre de décision pour fractionner les apports d’azote

Légende :
Dose X = dose prévisionnelle d’azote
E1C = épi 1 cm
MR = mise en réserve pour le pilotage fin montaison
N1 = dose apportée au tallage 
N2 = 1er apport à épi 1 cm
N2’ = 2e apport à épi 1 cm

Dans tous les cas, pour maximiser la valorisation de cet apport, l’opportunité de profiter d’un épisode pluvieux prévu juste après doit primer sur l’atteinte exacte du stade.

Pour piloter l’apport d’azote fin montaison sur le blé tendre, penser à mettre en réserve de 40 à 60 kg N/ha. Des outils de pilotage comme Farmstar® adapteront cette dose en faisant le diagnostic azotée de la plante au stade de 2 nœuds.
Pour piloter le 3e apport d’azote sur les mélanges de variétés de blé, l’orge d’hiver et l’orge de printemps, penser à positionner une zone sur-fertilisée (+100 un.) autour du stade épi 1 cm, cela permettra de calibrer certains outils de pilotage de l’azote fin montaison comme le HN-Tester.

Article rédigé par les partenaires de « Blé Objectif Protéines » (BOP) : L. PELCE & D. CHAVASSIEUX (ARVALIS), C. BOULLY (Bourgogne du Sud), R. FLAMAND (Ets Bresson), D. DEHER (CA 21), MA. LOISEAU (CA89), JN. HERRGOTT (Ynovae), M. MIMEAU (Dijon Céréales), D. LACHAUD (SAS RUZE), A. PETIT (SeineYonne), E. BONNIN (Soufflet Agriculture).
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