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Parcelle de blé dur en cours de montaison en en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Blé dur : une conduite exigeante pour garantir le débouché

20 février 2020

Avec les difficultés d’implantation de céréales à l’automne dernier, la surface de blé dur implantée en sortie d’hiver est importante, qu’il s’agisse de surface prévue semée plus tardivement ou de semis en substitution du blé tendre ou de l’orge prévus initialement. Le blé dur est une espèce exigeante en qualité, son seul débouché est l’alimentation humaine (pâtes, semoule…). Il est impératif de soigner sa conduite pour obtenir une qualité compatible avec les exigences du marché.

Fertilisation azotée : viser 14 % de protéines

Pour assurer à la fois une qualité technologique satisfaisante et limiter le risque de mitadinage, le blé dur doit atteindre une teneur en protéines d’au moins 13,5 à 14 %. Cet objectif exigeant ne peut être atteint qu’en respectant à minima quatre principes fondamentaux :

- Toutes les variétés n’ayant pas la même aptitude à « produire » des protéines, il est nécessaire d’ajuster la fertilisation en prenant en compte leur besoin spécifique qui peut varier de 3,5 à 4,1 unités/quintal (tableau 1).
- Un apport d’azote tardif sera systématiquement réalisé entre sortie de la dernière feuille et gonflement, y compris en semis tardif. Le report prévu sera adapté en fonction du besoin unitaire de la variété : plus le besoin de celle-ci sera élevé, plus le dernier apport devra être conséquent (tableau 1).
- La mise en œuvre d’un outil de pilotage pour ajuster ce dernier apport sera le meilleur moyen de garantir une dose suffisante au dernier apport.
- Choisir les formes d’engrais azotés les plus efficaces notamment pour le dernier apport et déclencher les apports lorsque les conditions climatiques prévues garantissent au maximum son efficacité.

Tableau 1 : Besoin en azote des variétés de blé dur - Ouest Océan – Mise à jour 2020

D’autres variétés peu représentées sont aussi classées, voir le correspondant ARVALIS. Sinon, on propose un bq par défaut de 3,9 pour les variétés non référencées, dans l’attente de plus d’informations techniques

Et en semis tardif ?

Pour évaluer la dose d’azote, il faudra prendre en compte la baisse de potentiel liée au décalage de la date de semis. Celle-ci dépend de la réserve utile du sol et de l’aptitude de celui-ci à « amortir » un déficit en fin de cycle, de la possibilité d’irriguer et bien sûr de la date de semis. Le tableau ci-dessous donne des ordres de grandeur d’ajustement de l’objectif de rendement à fixer pour établir la dose prévisionnelle d’azote.

Tableau 2 : Ordre d’idée des baisses d’objectifs (q/ha) à envisager/semis date normale

* Semis possible jusqu’au 15/3 en sol de marais

Protection maladies : assurer une bonne protection de l’épi

Le blé dur est particulièrement sensible à l’ensemble des maladies des épis qui peuvent engendrer de fortes pertes de rendement, des défauts de qualité technologiques (grains fusariés, mouchetés), notamment en cas d’attaque de Michrodochium spp ou de dégradation de la qualité sanitaire en cas d’attaque de Fusarium (graminearum, culmorum, etc.). La protection de l’épi est donc centrale dans la lutte contre les maladies.

Par ailleurs, si les variétés de blé dur cultivées dans notre région sont moins sensibles à la septoriose que nombre de variétés de blé tendre, elles peuvent par contre être plus sensibles aux rouilles jaune et brune.

La protection fongicide en semis d’automne s’articulera autour de deux traitements principaux : protection des feuilles entre gonflement et début épiaison, une protection de l’épi à la floraison réalisée avec un produit efficace contre les fusarioses et michrodochium.

En cas d’attaque précoce de rouille, notamment en cas de rouille jaune, une première intervention pourra être envisagée dès le début de la montaison.

En semis très tardif, la protection pourra probablement être allégée, mais une protection de l’épi sera le plus souvent nécessaire pour lutter contre les fusarioses, michrodochium spp et les attaques tardives de rouilles.

Irrigation : pas d’eau sur la fleur

Si le blé dur valorise bien l’eau d’irrigation, la conduite de celle-ci nécessite des précautions pour assurer la qualité. Il est essentiel de suspendre les apports durant la floraison. Il peut par contre être nécessaire de déclencher l’irrigation dès 1-2 nœuds en cas de stress prononcé voire dès le début de la montaison si un épisode de sécheresse bloque l’efficacité des apports d’azote. La conduite devra permettre de maintenir la réserve du sol relativement pleine à l’épiaison pour pouvoir interrompre les apports durant la présence des étamines sur l’épi.

Fertilisation soufrée, phosphatée et potassique

Côté soufre, les besoins du blé dur sont similaires à ceux du blé tendre. Avec le lessivage important de l’automne, les risques de carences sont plus élevés qu’à l’accoutumée, les doses et les situations où un apport est nécessaire doivent être ajustées à ce contexte.

Le blé dur est plus exigeant vis-à-vis du phosphore que le blé tendre. Il est donc important de couvrir ses besoins dans les situations qui le nécessitent en adaptant son plan de fumure en conséquence.

Du point de vue du potassium, son exigence et ses besoins sont proches de ceux du blé tendre, les pratiques de fertilisation sont donc similaires.

Désherbage : moins de spécialités disponibles

Tous les produits utilisés pour le désherbage du blé tendre ne sont pas sélectifs du blé dur. D’autre part celui-ci est un peu plus sensible aux phytotoxicités. Avant toute intervention, il faut bien s’assurer que le produit prévu est homologué et s’assurer que les conditions de sélectivité sont réunies (notamment températures minimales, maximales et amplitude).

Récolte

Pour préserver le grain, il faudra soigner également la récolte en la déclenchant dès que possible pour éviter les pluies qui pourraient fortement dégrader le poids spécifique, le taux de mitadinage, voire les temps de chute de Hagberg. Et aussi être très attentif au réglage de la moissonneuse-batteuse pour éviter de casser le grain, plus fragile qu’en blé tendre.

Fiche distribuée par le Comité Régional Blé dur Ouest-Océan animé par ARVALIS –Institut du végétal et auquel participent les organismes suivants : Chambres d’Agriculture de Charente Maritime, Deux Sèvres et Vendée, Océalia, SICA Atlantique, Soufflet Agriculture, Terre Atlantique.

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