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Préparation des semis de blé dur Messagerie Méditerranée

Blé dur : se tenir prêt à semer

30 septembre 2021

Dans notre région, pour bien faire, il faudrait que les terres soient prêtes à être semées dès le 10 octobre pour capter le moindre créneau optimal de semis. Rappels des principes importants à avoir en tête pour préparer le lit de semences et adapter le choix variétal à son territoire.

Anticiper les semis mais sans se précipiter

Un semis tardif de janvier sans irrigation dans notre région perd en moyenne 20 à 30 % de son potentiel par rapport à un semis classique. En cause : un enracinement moins développé et des blés plus sensibles à la sécheresse. Pour limiter au maximum le risque de se retrouver dans cette situation, il est primordial d’être réactif et de se tenir prêt dès qu’un créneau de semis est possible : à partir du 10 octobre, il faudrait que les terres soient prêtes afin de capter le moindre créneau de semis à partir de la mi-octobre.

Cependant, les semis exceptionnellement précoces de l’année dernière ont rappelé qu’un semis doit être réalisé dans de bonnes conditions. Forcer le semis, dans un sol mal préparé mène à une levée irrégulière et à des pertes. De même, sur des sols superficiels séchants, semer uniquement si la météo annonce de la pluie dans la semaine à venir : la sécheresse qui a suivi les semis précoces mi-octobre 2020 a eu pour conséquences des levées difficiles.

Par ailleurs, certains risques associés à un créneau précoce sont connus : pression ray-grass plus importante, pression pucerons, risques de gel au printemps.

Semer plus tôt nécessite donc :
1) De pouvoir préparer ses parcelles suffisamment tôt.
2) Ne pas avoir de trop fortes pression ray-grass sur la parcelle : un désherbage d’automne en prélevée ou postlevée doit être suffisant pour gérer la pression.
3) Ne pas avoir un historique « pucerons » important sur la parcelle (favorisé par des milieux mixtes types haies, bois…). Dans le cas échéant, être prêt à faire un suivi de la pression et à traiter si nécessaire.

Figure 1 : Risques encourus selon la date de semis dans les secteurs climatiques des plus froids aux plus chauds
Risques encourus selon la date de semis dans les secteurs climatiques des plus froids aux plus chauds

En agriculture biologique, il est fortement conseillé de décaler la date de semis d’une dizaine de jours par rapport aux préconisations en conventionnel. L’objectif est alors de diminuer le risque de parasitisme (pucerons et levées de graminées). Un décalage de la date de semis du 20 octobre au 10 novembre permet de réduire la pression en ray-grass de 60 à 90 % par exemple.

Plus le semis est tardif, plus il est conseillé d’augmenter la densité de semis (de 250 grains/m² mi-octobre à 350 mi-novembre) afin de limiter les pertes hivernales et d’anticiper le moindre tallage. Ce conseil est d’autant plus vrai en bio du fait de l’impact des passages de désherbage mécanique.

Préparation du sol : quand labourer ?

Le labour est à envisager dans deux situations majeures : s’il est réalisé dans de bonnes conditions ou s’il répond à une problématique particulière sur la parcelle (forte pression de ray-grass, piétin échaudage).

Un labour réalisé dans un sol très humide en forçant, peut créer une semelle de labour qui pénalise la céréale. A l’inverse, en cas d’automne sec (40 mm ou moins), son action desséchante fait perdre une eau précieuse. Dans ce cas, une préparation de semis simplifiée est préférable.

Le labour reste un outil très efficace pour réduire la pression en ray-grass. S’en passer en cas de forte pression est possible mais complexe. Cela nécessite de faire un désherbage rigoureux qui demande d’être réactif : au moins un Défi + Compil en prélevée, puis chlortoluron en cas de repousses. Un désherbage plus léger peut mener à des impasses sur la parcelle.

Vis-à-vis du piétin échaudage, un labour tôt en sol frais permet de diminuer le risque en accélérant la dégradation des résidus. En cas de deuxième blé le risque est élevé. Sans labour, un traitement de semence Latitude est possible mais son efficacité n’est que de 50 % environ. Faire une préparation du sol appuyée gène le champignon qui préfère les sols aérés.

Si le labour n’est pas indispensable sur votre parcelle (aucun des problèmes cités au-dessus) et/ou que les conditions ne sont pas bonnes, il est recommandé de s’en passer !

Il faut alors réaliser, dès que quelques millimètres le permettent, une préparation « prête à semer » ou faire du semis direct si vous êtes équipés.

Faux-semis : choisir le bon outil

Le faux-semis reste une technique très efficace pour baisser le stock semencier des parcelles, d’autant plus en cas de fortes pressions de ray-grass.

Il demande une préparation du sol fine et superficielle (2-3 cm, bien émietté et rappuyé).

Pour une bonne efficacité, il faut éviter que le lit de semence soit trop sec et répéter les passages car des phénomènes de dormance peuvent limiter les germinations des adventices lors des premiers passages.

Les outils à privilégier sont ceux capables de travailler sur quelques centimètres uniquement et de produire suffisamment de terre fine. On privilégiera donc les herses de déchaumage, les bêches roulantes, les vibrodéchaumeurs ou encore les déchaumeurs à disques indépendants réglés ou conçus pour ce travail.

Choix variétal : un compromis entre objectifs et terroirs

Que ce soit en système conventionnel ou biologique, certains principes liés aux variétés doivent être suivis :
- Ne pas semer une variété précoce trop tôt : RGT Aventadur, Santur, Claudio ne se sèment pas avant fin octobre ! Le gel du 8 avril 2021 nous a rappelé les dégâts possibles…
- Ne pas semer une variété tardive trop tard : Relief par exemple. Elle sera plus sensible à la sécheresse d’hiver et de fin de cycle. Ce type variétal est à privilégier sur des terres profondes ou avec irrigation.
- Choisir une variété, c’est choisir un objectif : production, qualité, équilibre production/qualité, tolérance maladie : une variété bonne pour un secteur donné ne l’est peut-être pas pour le secteur d’à côté : pression oïdium en Camargue, risque de gel tardif plus important dans les Alpes de Haute Provence…

En système conventionnel

Parmi les dernières variétés inscrites, RGT Belalur et Canaillou affichent de bonnes performances dans nos essais et méritent d’être testées. Canaillou a montré une bonne souplesse en conditions difficiles et un bon potentiel de rendement. Attention cependant à bien accompagner la fertilisation azotée en fin de cycle, elle est sensible au mitadinage.

RGT Belalur a apporté du potentiel : c’est la première du classement variétal cette année. Son profil maladie semble équilibré, mais cela reste à valider (pas de pression maladie cette année). Elle semble conserver un bon niveau de qualité malgré son rendement. A tester sur les mêmes terres où vous positionner Anvergur ou Voilur.

Tableau 1 : Conseils choix des variétés en système conventionnel
Conseils choix des variétés en système conventionnel

Pour en savoir plus sur le comportement des variétés de blé dur, consultez notre guide régional Choisir & Décider – Variétés et interventions d’automne 2021.

En système biologique

En système biologique, la difficulté est de trouver le bon compromis entre rendement et maintien de la qualité avec la dilution des protéines, la fertilisation azotée ne pouvant pas être optimale dans ce système. Les variétés qui semblent faire compromis entre rendement/protéines/mitadin dans la région sont Platone, Idéfix et RGT Vanur.

Atoudur présente également un bon ratio rendement/protéine mais semble, dans nos essais, un peu plus sensible au mitadin.

Globalement, on peut donner les conseils suivants :
• En terrains profonds ou avec irrigation, éviter de mettre des variétés trop productives, qui vont diluer les protéines. Préférez des variétés au potentiel de rendement limité (Surmesur, Atoudur).
• En terrains séchants ou superficiels, il est possible de mettre des variétés un peu plus productives (Casteldoux, RGT Voilur, Anvergur).

Figure 2 : Résultats pluriannuels des essais variétés de blé dur en système biologique menée par ARVALIS et Agribio04 depuis 2019 en région PACA
Résultats pluriannuels des essais variétés de blé dur en système biologique menée par ARVALIS et Agribio04 depuis 2019 en région PACA

La couleur des ronds indique le taux de mitadin : vert < 30 %, jaune entre 30 et 60 %, rouge > 60 %.
Certaines variétés présentent dans nos essais ne sont pas encore inscrites et sont en cours de recherche.

Pour en savoir plus, téléchargez l’ABDD n°1 de la campagne 2021/22.

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