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Semoir das une parcelle de blé dur pour les semis en janvier 2020 en Occitanie Messagerie Occitanie

Blé dur : les ajustements techniques en semis tardifs

19 décembre 2019

En cas de semis tardifs de blé dur dans ses parcelles, il est nécessaire d’être particulièrement attentif aux conditions d’implantation et d’ajuster la conduite de cultures.

Tous les blés durs cultivés en France sont des blés durs « typés » printemps, il est possible de les semer tardivement. Les semis sont envisageables jusqu'au 15 février.

Plus le semis est tardif, plus la qualité d’implantation joue un rôle important sur le rendement atteignable : mise en place d’un système racinaire réduit et tallage très faible.

En conséquence :
- Il vaut mieux implanter avec une semaine de décalage mais sur un sol sain plutôt que de « forcer » le semis dans des conditions dégradées et non ressuyées du sol.
- Il faut majorer les densités de semis pour les implantations de décembre et de janvier.

Tableau 1 : Densités recommandées (en grains/m2) pour des semis tardifs de blé dur

A quelle perte de rendement s’attendre ?

En semis tardif, la question du choix de l’espèce se pose et doit prendre en compte deux facteurs : le risque rendement et l’investissement sur la culture (qui doit s’adapter aux semis tardifs).

Sur l’investissement, que ce soit en orge, blé tendre ou blé dur, les semis tardifs sont globalement moins malades (économie d'un traitement fongicide : 1 à 2 traitements en blé dur et blé tendre, 1 traitement en orge). De plus, les besoins en azote sont moindres car le potentiel est moindre.

Sur le potentiel, un blé dur a tendance à perdre moins de rendement en semis tardif qu’un blé tendre ou une orge semés fin octobre car le besoin en nombre d’épi/m² est moindre.

Tableau 2 : Perte de rendement en blé dur par rapport à un semis de fin octobre selon la pluviométrie du printemps

Les blés tendres seront plus impactés (-5 à -10 % en plus qu’indiqué sur le tableau 2).

Le blé dur semble rester intéressant même en semis tardif si on ajuste l’itinéraire technique et si l’implantation se réalise dans de bonnes conditions (point de départ de la réussite de la culture).

Des situations différentes

Entre les semis de fin octobre, de début décembre ou de janvier, le cycle de la culture ne va pas être impacté de la même manière.

Figure 1 : Calendrier prévisionnels des différentes hypothèses de date de semis de blé dur – En Crambade

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

En semis de fin octobre, les végétations sont plutôt jolies, le tallage sera long et la culture sera raisonnée comme d’habitude : calcul du risque de carence précoce en azote, surveillance des maladies qui peuvent s’exprimer plus facilement en climat humide au printemps.

En semis tardif ou très tardif (décembre et janvier), le tallage sera réduit (20 jours à la place de 80 jours), les stades vont s’enchaîner beaucoup plus vite et garderont un décalage jusqu’à la récolte par apport à des semis de fin octobre. Sur ces semis, il convient d’être vigilant sur les apports d'azote et le désherbage :
- Des enracinements retardés sur des sols dépourvus d’azote en surface imposent d'apporter 30 à 40 kg N/ha avant le stade 3 feuilles à la première annonce de pluies.
- La montaison courte (la dernière feuille pointe 25 jours après le stade épi 1 cm) laisse peu de temps pour désherber. Il faut donc surveiller les adventices et désherber au premier créneau de climat favorable.
- Le potentiel réduit pour les semis de janvier nécessite d'ajuster la dose d’azote à la baisse et piloter avec un OAD en fin de cycle pour prendre en compte le réel potentiel de la parcelle.

Pour les situations particulières semées tôt et qui ont subi des dégâts importants (phytotoxicité d’herbicides, parcelles hydromorphes ou inondées), un re-semis peut s’envisager en respectant les conditions suivantes :
- La répartition des plantes restantes doit être homogène,
- Les re-semis sont déconseillés sans travail du sol si un herbicide à base de chlortoluron ou de flufénacet a déjà été appliqué (il y a un risque de phytotoxicité important).
- Le seuil de re-semis est autour de 80 à 100 plantes/m².

Le point ravageurs
Pucerons et cicadelles n’aiment pas les pluies et le vent
Les pucerons et les cicadelles sont perturbés par les pluies incessantes et le vent, leur activité est à l’arrêt.

Risque limaces présent

Les conditions météorologiques actuelles sont favorables à l'activité des limaces. Les précédents colzas, pois, céréales et maïs sont à surveiller en priorité.
L’observation est à poursuivre jusqu’à fin tallage.
Concernant le seuil de nuisibité, au-delà de 5-6 limaces par m², les dégâts causés peuvent avoir une incidence sur le peuplement.

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