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Un technicien et un agriculteur discutent du risque fusarioses dans une parcelle de blé dur en juillet 2020 en Occitanie Messagerie Occitanie

Focus pluriannuel sur la qualité du blé dur : un risque présent mais relativement faible

08 octobre 2020

La campagne blé dur 2019/2020 s’est déroulée dans des conditions plutôt difficiles, mais quelques enseignements en ressortent.

Les difficultés de semis (excès de pluie) puis la sécheresse pendant la montaison et, enfin, le retour de la pluie à partir de floraison ont impacté les blés durs de façon très diversifiée sur le territoire en rendement et en qualité.

Quelques enseignements sont néanmoins à conserver :
- Le blé dur a une souplesse forte vis-à-vis des dates de semis. Même si le potentiel chute sur les semis très tardifs, le blé dur conserve un potentiel non négligeable. Cela permet d’envisager plus sereinement des décalages de date de semis pour la gestion de parcelle à problème d’enherbement notamment.
- Les conditions d’implantation sont primordiales pour la réussite du blé dur et notamment assurer l’enracinement de la culture. Il vaut mieux semer tard mais sur un sol bien ressuyé que de forcer les semis tôt en mauvaises conditions.
- Le risque qualité sanitaire est bien réel dans la région et les précédents maïs et sorgho sont les premiers impactés, que ce soit en travail profond ou en travail superficiel avec broyage.

Une qualité sanitaire très pénalisée, mais heureusement pas tous les ans

La campagne écoulée se solde par des résultats décevants en rendement mais surtout avec des accidents de qualité sanitaire. Les dépassements de seuil DON réglementaire sont fréquents cette année, sans lien avec le taux de grains fusariés (comme cela est visible dans les essais en pluriannuel : voir encadré).

Malgré ce constat très impactant, si l’on regarde le risque sanitaire sur plusieurs années dans le Sud-Ouest, il reste assez faible. Sur les 10 dernières années, seules trois récoltes ont été impactées par des dépassements réguliers. Et sur 16 ans, il n’y a que 2 années à très grosses problématiques sanitaires, en 2007 et 2008.

Figure 1 : Situation de la qualité sanitaire du blé dur (teneurs en mycotoxines DON) dans le Sud-Ouest

Sur les autres critères qualité (mitadin, moucheture, protéines), dans le bassin Sud-Ouest, les impacts sont aussi fréquents que dans les autres bassins de production de blé dur.

Au final, le risque qualité (ou le risque sanitaire) est bien réel, mais il reste assez contraint quand on regarde l’historique des dernières années. Néanmoins, il est important de mettre en place toutes les mesures agronomiques pour minimiser les impacts sur les mauvaises années :
- limiter ou gérer le risque des précédents maïs et sorgho,
- diversifier les dates de semis afin de limiter les accidents ciblés sur un stade particulier,
- diversifier les variétés pour diluer les sensibilités en qualité.

L'analyse pluriannuelle montre que le blé dur reste intéressant mais des risques en production existent. Il est donc nécessaire de mettre en place tous les leviers agronomiques qui diminuent ces risques et de piloter la culture afin d’investir le juste nécessaire.

Le taux de grains fusariés n’est pas prédictif de la qualité sanitaireLe lien entre le taux de grains fusariés et le taux de mycotoxines DON n’existent pas. Le suivi fusarioses réalisé sur le site d’En Crambade (31) l’illustre bien avec des cas opposés observés : faible taux de symptômes sur épi avec fort taux de DON ; et inversement, fort taux de symptômes avec faible taux de DON. Le taux de grains fusariés n’est donc pas prédictif du taux de mycotoxines DON.
Cette année, on observe des taux de fusarioses sur épi très faible mais par contre des taux de DON parfois très importants, comme cela a été le cas d’autres années.

Figure 2 : Relation entre symptômes de fusarioses et teneur en mycotoxines (DON)

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