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Parcelle d’essai sur l’effet des régulateurs (auxine) en blé tendre (à droite, une zone régulée et à gauche, non régulée) en Champagne-Ardenne. Messagerie Champagne-Ardenne

Blé d’hiver : la nouvelle grille pour évaluer le risque de verse

25 mars 2021

En blé tendre, le risque de verse dépend notamment de la variété, des techniques culturales et du climat. La nouvelle grille proposée par ARVALIS et ses partenaires oriente la décision de réguler ou non les cultures pour cette campagne 2020/2021.

La verse intervient en fin de cycle des céréales : elle provoque un affaissement des pieds pouvant causer des pertes de rendement et nuire à la qualité du grain. Pour lutter contre ce phénomène physiologique, près de 85 % des surfaces de blé de Champagne-Ardenne sont traitées avec un ou plusieurs régulateurs (en 2017). Cependant, l’utilisation de ces derniers n’est pas toujours indispensable. C’est pourquoi elle doit être raisonnée en se basant sur une identification des parcelles à risques.

Des facteurs de risque bien connus

• Facteur 1 = l’espèce et la variété

Le risque de verse dépend en premier lieu de l’espèce : le blé tendre est la céréale la moins sensible. Il faut également prendre en compte les caractéristiques variétales car beaucoup de variétés cultivées en Champagne-Ardenne sont aujourd’hui résistantes à la verse, comme KWS Extase par exemple (tableau 1).

Tableau 1 : Notes de résistance à la verse des variétés de blé

(Source : ARVALIS – CTPS, 2021)

• Facteur 2 = les techniques culturales

L’excès d’azote est le second facteur qui joue un rôle dans l’apparition de verse. Cette année, les fortes précipitations hivernales ont entraîné une lixiviation de l’azote présent dans le sol. Ainsi, il y a peu de probabilité d’excès de cet élément en début de cycle, sauf en cas d’apport précoce trop conséquent. De plus, aujourd’hui, le fractionnement (trois voire quatre apports) et les outils de calcul permettent d’apporter l’azote au moment opportun et en quantité qui n’excède pas les besoins des plantes. Cela permet de grandement limiter les risques d’excès d’azote : favorisez le fractionnement !

D’autres éléments de l’itinéraire technique jouent un rôle dans le risque de verse : une céréale semée trop tôt (par rapport à sa date recommandée) ou trop dense augmente les risques. Si les préconisations au semis ont été appliquées, le risque de verse lié à l’itinéraire technique est limité.

• Facteur 3 = le climat printanier

Sur la période de fin mars / début avril, les céréales passent du stade épi 1 cm au stade 2 nœuds. Cette période est déterminante pour la longueur des entre-nœuds et donc, la résistance des tiges. Ces dernières années, les printemps de plus en plus secs limitent les risques (pas d’eau : les plantes ne s’allongent pas de manière excessive).

Ces facteurs modulent les risques au cours du cycle, mais c’est en particulier le climat en fin de cycle qui est le déclencheur de la verse : orages violents (vent, fortes pluies).

Une grille pour évaluer la pertinence d’une intervention

Pour la campagne 2020-2021, ARVALIS et différents acteurs agricoles (chambres, coopératives, négoces…) de la région ont mis en place un réseau d’essais afin d'évaluer les conséquences de la verse sur les variétés. Ce réseau a également pour but de vérifier et consolider la nouvelle grille de risque mise au point (tableau 2).

Tableau 2 : Nouvelle grille de risque verse sur blé tendre pour la campagne 2021

(Source : ARVALIS, 2020)

* Situations agronomiques avec reliquat de sortie d'hiver très élevé, ou apport d’azote précoce élevé, ou apport régulier de matières organiques (forte minéralisation).

Si les conditions de fin mars / début avril sont chaudes, sèches avec de forts rayonnements : diminuer d’une classe le risque évalué. Au contraire, en cas de printemps avec un faible rayonnement et un fort cumul de pluies : augmenter d’une classe le risque.

Exemple d’utilisation : pour la variété Chevignon semée le 10 octobre 2020, en sol de craie, avec une bonne maîtrise de l’azote et un tallage normal, le score est de 4. Le risque est considéré comme faible, un traitement systématique n’est donc pas préconisé.

En amont de cette grille, dans les essais variétaux, il a été démontré que pour les variétés résistantes (note ≥ 6,5), l’impact de la verse est minime (figure 1). Il est alors recommandé d’intervenir seulement si la parcelle présente plusieurs autres facteurs de risque (se référer à la grille).

Figure 1 : Effet de la résistance variétale sur la verse observée dans les essais de post-inscription, sans régulateur

(Source : ARVALIS, 2020)

Une impasse est donc possible pour les cas où le risque est très faible. Par exemple, pour une variété résistante semée en sol superficiel ou moyen, à la bonne date et à la bonne densité. Pour les risques faibles, le traitement n’est pas à systématiser, mais à évaluer selon le bénéfice et le risque.

Retrouvez nos préconisations sur les régulateurs dans notre guide régional « Choisir et Décider – blé d'hiver - Intervention de printemps 2020-2021 ».

Conditions d’application et produits : des règles à respecter

L’application d’un régulateur peut se justifier en cas de risque de verse. Cependant, il ne faut pas sous-estimer les risques de phytotoxicité : une perte de rendement est possible (jusqu’à 10 q/ha, figure 2) en cas d’absence de verse et si les conditions d’applications ne sont pas optimales (tableau 3).

Figure 2 : Sur blé tendre, plus le niveau de verse est important, plus le régulateur présente d’intérêt

Il convient d’intervenir sur :
- des cultures en bon état (pas de stress liés aux maladies, hydriques ou des carences),
- dans des conditions météo favorables : temps poussant (sans gel ou fortes amplitudes thermiques, rayonnement important) le jour d’application et les trois à cinq jours suivants.

Si ces deux conditions ne sont pas réunies, alors il est recommandé de retarder l’intervention. Dans le cas de deux interventions préconisées, mieux vaut réaliser une seule intervention dans de bonnes conditions que les deux dans des conditions non optimales.

Tableau 3 : Conditions d’applications des principaux régulateurs du marché

Exemple de lecture : pour une application à base de chlorméquat de chlorure, il faut que la température minimale enregistrée le jour du traitement soit supérieure à – 1°C et qu’elle atteigne au moins + 10°C. Dans les trois jours suivants, une température moyenne supérieure à 10°C est favorable, sans dépasser une température maximale de 20°C.

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