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Les nouveaux systèmes de guidage aident à la précision du binage Désherbage mécanique

Biner les céréales grâce au guidage de précision

15 mars 2018

Longtemps cantonné aux cultures à large inter-rang, le binage peut désormais s’utiliser sur des céréales semées avec des écartements de l’ordre de 15 à 25 cm grâce au développement des nouveaux systèmes de guidage.

La bineuse est l’outil de désherbage mécanique le plus efficace. Il présente cependant deux principales limites : le nombre de jours disponibles pour réaliser l’intervention en bonnes conditions et la précision du guidage. La sélectivité du binage vis-à-vis des cultures repose en effet uniquement sur la localisation des socs de la bineuse par rapport aux rangs de culture. Mieux vaut être précis quand l’inter-rang est réduit !

Biner à l’aide d’une caméra : le système le plus commun

Le système de guidage le plus répandu est le guidage actif par caméra. Une caméra, située sur la bineuse, différencie la hauteur ou la couleur entre le rang de la culture et le sol, et ajuste en conséquence la position de la bineuse à l’aide d’un translateur. Ce guidage est cependant limité en cas de verse, d’adventices trop denses et hautes ou encore en présence de poussière. De plus, la bineuse doit avoir la même largeur que le semoir car le guidage se fait sur un nombre limité de rang.

Compter sur la précision du tracteur grâce à l’autoguidage RTK

Un système de guidage en développement est l’autoguidage hydraulique RTK du tracteur avec une précision de l’ordre du centimètre. Une des conditions pour limiter le risque dans la mise en œuvre de ce système est l’utilisation du même tracteur pour le semis et le binage et à des vitesses proches. En effet, cette technologie permet au tracteur de revenir au même endroit et ce, quelles que soient les conditions de visibilité (nuit, vallon…). Le chauffeur peut donc se concentrer uniquement sur le travail de l’outil et non sur la conduite de l’engin. L’autoguidage RTK du tracteur peut également remplacer le guidage actif par caméra. Des tests réalisés à Boigneville (91) en 2013 et 2014 montrent qu’un autoguidage à asservissement hydraulique RTK parfaitement paramétré, peut biner des céréales semées à 15 cm d’inter-rang, avec des dents de 7,5 cm de large. Au vu de la précision RTK, il est possible d’utiliser une bineuse plus large que le semoir pour augmenter les débits de chantier. Cependant, cette technologie ne suffit plus dans les devers trop importants (figure 1). En cas de pente supérieure à 10°, la bineuse se décale tellement derrière le tracteur qu’il est nécessaire de disposer d’un guidage actif de l’outil. Cette technologie consiste à guider l’outil grâce à deux antennes positionnées l’une sur le tracteur et l’autre sur l’outil.


Figure 1 :  Distance (en cm) entre le passage du semoir et le passage du tracteur en fonction du dévers (en degrés) - Essais ARVALIS à Montans (81) en 2016

D’autres innovations à l’étude

En plus du guidage, d’autres innovations sur les bineuses permettent d’optimiser leur utilisation comme l’intégration de ressort (ou vérins) de rappui individuel des éléments pour assurer un meilleur suivi du terrain, ou encore le relevage individuel des éléments assisté par GPS pour faciliter la gestion des pointes.

Certains constructeurs proposent aussi des bineuses capables de désherber sur le rang entre les plants grâce à une détection individuelle des plantes cultivées par caméra. Ce système est pour l’instant essentiellement dédié au maraîchage car le débit de chantier est limité et le coût du matériel élevé. Reste à savoir si les technologies développées dans ce contexte pourraient à plus long terme transférer vers les grandes cultures.

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2 commentaires 20 mars 2018 par PREVOST

Il est clair que sans prix attractif des machines via les subventions mais surtout sans une bien meilleur valorisation de nos productions, ces outils ne sont pas abordable. La photo montre du matériel Garford que j'avais rencontré lors de 2 salons c'est vraiment super comme machine mais en grande largeur ça vaut le prix d'un tracteur alors que ça n'en fera pas les heures. Et puis quid de la panne le jour J on connais ça déjà avec le RTK dans le secteur quand une balise bloque les chantier ne commencent pas...on est dépendant.....mais c'est un autre problème... jbP 51

19 mars 2018 par MOUTARD

ces équipements sont forts onéreux. les fenêtres d'utilisation sont très étroites par conséquent, l'achat à plusieurs est très difficile. En effet, le sol doit être bien ressuyé et en plus après le binage, il faut un temps sec pour que les adventices binées se déshydratent pour ne pas repartir. Voilà la réalité que tout le monde oublie. je crains fort que les aides promises pour intégrer ces techniques de réduction des phyto ne seront que financer au travers de projet collectif. le prix du rtk n'est pas neutre. nous serons nombreux à être frustré de ne pas pouvoir avoir accédé à ces techniques. la seule solution fasse à ces techniques pointues reste des très bons prix des produits agricoles, mais là tout le monde lâche l'agriculture. Tout cela est désolant, frustrant. ces contraintes techniques sont primordiales à intégrer. alors si le plan macron prévoit 900 millions d'euro pour la mécanisation à raison de 452 000 exploitations cela fait 1991 euro par ferme pour une aide éventuelle...

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