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2017/2018 : une campagne céréalière à oublier pour les Bretons Messagerie Bretagne

Céréales d'hiver : retour sur le film de la campagne 2017/2018

06 septembre 2018

Les conditions climatiques de cette campagne ont parfois fortement impacté la fertilité et le développement des blés et des orges. Les rendements sont faibles mais de bons PS et de très bonnes teneurs en protéines sont observés.

Une densité d’épis faible non compensée par la fertilité épi

En analysant les différentes composantes de rendement de la variété Rubisko (tableau 1), 2018 est marqué par un nombre d’épis/m² légèrement inférieur à la moyenne (-12 % par rapport à la moyenne pluriannuelle). Les composantes nombre de grains/épi et PMG ne compensent pas cette plus faible densité d’épis, comme la campagne 2014. Au final, les rendements sont bas, en retrait de 15 % environ par rapport à la moyenne pluriannuelle sur Bignan, ce qui est représentatif des situations observées à l’échelle de la Bretagne.

Tableau 1 : Résultat des composantes de rendement en pluriannuelle de la variété de blé tendre Rubisko à Bignan (56)

Le constat est le même sur les orges : un nombre d’épis/m² plus faible (-17 % par rapport à la moyenne pluriannuelle) et un nombre de grains/m² bas (tableau 2). La fertilité épis (nombre grains/épi) n’ayant pas compensé ce faible nombre d’épis.

Tableau 2 : Orge d’hiver, résultat des composantes de rendement en pluriannuelle de la variété KWS Cassia à Bignan (56)

Le tallage et le début montaison parfois perturbés par des pluies

Le début de la campagne est marquée par un mois d’octobre très doux, avant le retour à des températures proches des médianes saisonnières en novembre – décembre. Les pluies sont au niveau de la médiane, à l’exception du nord des Côtes d’Armor et l’Ille-et-vilaine qui ont reçu des quantités de pluies plus importantes en décembre, ce qui a pu pénaliser le tallage.

Les cumuls pluviométriques du 1er janvier au 15 mars sont excédentaires dans les Côtes d’Armor et le nord Ille-et-Vilaine (140 % de la médiane).

Les difficultés commencent en mars avec des pluies très excédentaires (191 % de la médiane). De nombreuses parcelles souffrent alors d’hydromorphies, pénalisant ainsi le début de montaison. Ces phénomènes climatiques ont eu un impact négatif sur la mise en place du nombre d’épis/m².

Pendant la période de montaison (14/3 au 15/5), les conditions sont chaudes et sèches, la pression sanitaire est faible à l’exception de la rouille jaune en bordure maritime nord.

Figure 1 : Cumuls mensuels de pluies enregistrés depuis septembre 2017 sur le site de Bignan (56)

Excès de pluie en mars → présence d’hydromorphie dans les parcelles.
Source : Données Météo France

Des conditions climatiques très défavorables entre floraison et grain laiteux

Des conditions climatiques exceptionnelles sont enregistrées entre floraison et grain laiteux : un quotient photothermique (rayonnement/température) (carte 1), accompagné d’un excès pluviométrique. Sur cette période, on enregistre un rayonnement extrêmement bas, du jamais vu depuis 1978 !

Ces deux phénomènes conjugués (rayonnement très bas + excès de pluie) ont engendré une stérilité des grains ou un avortement ce qui a pénalisé fortement la mise en place du nombre de grains/m².

Carte 1 : Rapport à la médiane du quotient photothermique (cal/températures) enregistré entre floraison et grain laiteux en Bretagne en 2018

Sur la période floraison grain laiteux, le quotient photothermique est inférieur à la médiane (80 % de la médiane).
Source : Données Météo France

Figure 2a : Cumuls de rayonnement observé entre floraison et grain laiteux à Bignan (56)

Figure 2b : Cumuls de pluies observés entre floraison et grain laiteux à Bignan (56)

Un rayonnement extrêmement bas (du jamais vu en 30 ans !) associé à un fort cumul de pluie → altération de la mise en place du nombre de grains.

Un rendement pénalisé par le manque e rayonnement au début du remplissage

Les rendements de blé tendre les plus faibles observés en Bretagne depuis 2004 remontent à 2007 et 2016 (figure 3). Le rendement moyen régional de la campagne 2018 n’est pas encore publié, mais il devrait être proche de 2016. Un des facteurs climatique commun à ces trois années est le manque de rayonnement sur la période de remplissage des grains.

Figure 3 : Rendements en blé tendre enregistrés en Bretagne depuis 2004

Source Agreste

Figure 4 : Quotient photothermique (rayonnement/température) entre floraison et grain pâteux

Les forts écarts de rendements enregistrés entre parcelles peuvent être liés à du parasitisme. Cette année encore, de nombreuses parcelles sont touchées par le piétin échaudage. Certaines parcelles ont pu également être touchées par des attaques de mouches à la fin de l’hiver. Côté maladie, les pluies en fin de cycle ont provoqué une pression septoriose tardive accompagnée de la présence de microdochium sur feuille.


Piétin échaudage : nombreuses parcelles touchées.


Forte présence de Microdochium en fin de cycle (souvent confondu avec la septoriose).


Forte pression de septoriose tardive (parfois contrôlée du fait de traitements trop précoces sans relai).

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