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chantier d'ensilage du maïs Maïs fourrage

Bien réussir son chantier d’ensilage pour une bonne conservation en silo

22 août 2013

Lorsque les conditions de cultures ont été « normales », le stade optimal de récolte correspond à 32 -33 % de matière sèche dans la plante entière. C’est un bon compromis entre rendement, conservation, valeur énergétique et ingestibilité du fourrage.


 

Observer au champ le niveau de remplissage des grains est un bon moyen d’estimer la maturité de la plante. À la période optimale de récolte, les trois amidons – laiteux, pâteux et vitreux - sont répartis en trois tiers dans les grains de la couronne centrale des épis. (cf schéma). À 35-36 % MS, l’amidon laiteux ne représente qu’une goutte à la base du grain. Pour plus d'informations, retrouvez le détail de la méthode d'observation visuelle pour déterminer le bon stade récolte du maïs fourrage.

Sommaire :Maîtriser la qualité du hachage
Prévoir un avancement rapide du front d'attaque du silo
Eviter la présence de terre dans le silo
Tasser pour enfermer le moins d'air possible dans le silo
Mettre le fourrage à l'abri du premier au dernier jour

Maîtriser la qualité du hachage

Le hachage a 2 objectifs apparemment contradictoires :

- hacher fin pour faciliter le tassement du silo
- laisser des brins assez longs pour la mastication des vaches.

En pratique, il faut viser une finesse de hachage de l’ordre de 8 - 10 mm. Pour prendre en compte l’effet mécanique des outils de distribution (déssileuse, mélangeuse) on pourra ajouter entre 3 et 5 mm de longueur.

Les gros morceaux (> 20 mm) sont indésirables car ils gênent le tassement du silo, et provoquent des refus à l’auge qui entraînent une baisse de consommation des vaches. La présence de plus de 1 % de gros morceaux traduit un défaut de réglage ou d’entretien de l’ensileuse. Il faut viser 10 % particules moyennes (de 10 à 20 mm), à l’auge. Moins il y a de particules moyennes, meilleur est le tassement, surtout si la teneur en MS du maïs dépasse 35 %. Le tamis secoueur est un outil efficace pour juger la finesse de hachage

Dans les secteurs où le maïs ne se dessèche pas facilement (récolte en octobre, dans les régions voisines de la Manche), il n’y a pas d’inconvénient pour la conservation à augmenter la longueur de coupe (15 à 20 % de particules moyennes). Cependant, on a mesuré dans les essais sur vaches laitières une baisse de l’ingestion (moins 0,5 kg de MS) pour un hachage trop grossier, ainsi qu’une baisse de l’efficacité de la ration quand le maïs contenait moins de 5 % de particules moyennes (moins 5 % d’UFL valorisées). La longueur des particules n’est pas le principal facteur de maîtrise de l’acidose. Il faut d’abord veiller à la composition des rations : pas plus de 28 % d’amidon dans la ration des vaches laitières en première moitié de lactation.

L’attaque des grains est à adapter à la maturité du maïs. L’amidon vitreux des maïs à plus de 32 % MS a besoin d’être fractionné pour que sa digestion soit optimisée : c’est le rôle des éclateurs de grains disponibles sur la plupart des machines. Rappelons enfin que la coupe des particules doit être franche et nette, ce qui nécessite l’affûtage régulier des couteaux de l’ensileuse.

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Prévoir un avancement rapide du front d’attaque du silo

Dans le silo de maïs fourrage, les pertes interviennent surtout au front d’attaque, pendant l’utilisation de l’ensilage. Une des conditions à respecter pour éviter les échauffements consiste à avancer le front du silo plus vite que la reprise des fermentations. On retient généralement les valeurs suivantes d’avancement du front d’attaque : 10 cm par jour en moyenne en hiver, 20 cm par jour en moyenne en été. La largeur et la hauteur des silos doivent donc être adaptées à cette vitesse de consommation.

Éviter la présence de terre dans le silo

La terre apportée par les roues des tracteurs et des remorques est une source de spores butyriques qui mettent en péril la bonne conservation du silo. Pour éviter ce risque, préférer les silos en sol bétonné et les zones de circulation proches du silo en terrain stabilisé.

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Tasser pour enfermer le moins d’air possible dans le silo

L’objectif après récolte est d’obtenir rapidement un milieu anaérobie, avec un pH inférieur à 4, pour favoriser les fermentations lactiques, tout en évitant les échauffements et les moisissures.

Plus le maïs est récolté vert et humide, moins le silo tassé conserve de porosité. On estime qu’à 30 % MS, on enferme environ 1 litre d’air par kg de matière sèche. En quelques heures (3 à 4) il n’y a plus d’oxygène dans le silo et les bonnes fermentations se déroulent sans délai.

Quand le maïs fourrage est plus sec (35 % MS), chaque mètre cube du silo est plus difficile à tasser. Le hachage fin est utile pour augmenter la densité de matière sèche. L’air enfermé dans le silo représente alors 3 à 5 litres par kg de matière sèche. Les cellules encore vivantes du maïs sont moins actives: il faut donc beaucoup plus de temps pour épuiser l’oxygène enfermé (3 à 5 jours). Pendant ce délai, les bonnes fermentations lactiques ne démarrent pas, mais les levures et moisissures se multiplient. Si le silo est bien hermétique, leur activité s’oriente vers une vie ralentie et cesse d’échauffer le silo….

Avec l’utilisation d’ensileuses à très grand débit et de remorque de gros tonnages, il devient difficile de réaliser un bon tassement. Le tracteur tasseur n’a plus le temps d’effectuer un travail correct, surtout en cas de taux de MS élevé. Dans ce cas, il peut être intéressant de prévoir la confection simultanée de 2 silos avec 2 tracteurs tasseurs.

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Mettre le fourrage à l’abri de l’air du premier au dernier jour

L’absence d’oxygène est nécessaire pour que les fermentations se déroulent bien. Le renouvellement de l’oxygène relance les échauffements… Le jour de la récolte, la fermeture du silo doit donc être le plus hermétique possible, grâce à une bâche plastique de qualité, bien posée et bien protégée.

En cours d’utilisation, on veillera également à vérifier la bonne étanchéité du silo et l’absence d’entrée d’air (trou dans la bâche, front d’attaque). En effet, en présence d’oxygène les fermentations reprennent et les moisissures apparaissent. C’est la principale cause de pertes de matière sèche lors de la conservation du maïs fourrage.

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