En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Parcelle de blé versé Céréales

Bien évaluer le risque de verse

14 décembre 2012

Le choix variétal, les techniques culturales et le climat sont les trois éléments qui conditionnent le risque de verse physiologique au cours d’une campagne. Celui-ci se raisonne donc dès le début de cycle.


Si une culture verse, c’est parce qu’elle présente un défaut de rigidité à la base de ses tiges. La solidité de cette zone, qui se constitue au tout début de la montaison, dépend à la fois de la vitesse d’élongation des premiers entre-nœuds et de la qualité des matériaux constituant les parois de la tige. Le premier facteur est conditionné en priorité par la génétique : il existe un lien direct entre la sensibilité à la verse d’une variété et sa tendance à présenter un fort allongement des premiers entre-nœuds. Plus la distance entre les premiers noeuds de la tige est grande, plus celle-ci est fragile et susceptible de ployer en fin de cycle. Le facteur variétal est donc primordial pour estimer le risque.



Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Le tallage déterminant

Les conditions de culture et de richesse du milieu jouent également beaucoup. Ces deux facteurs influencent à la fois l’élongation précoce de la tige et la solidité des matériaux qui la constituent. Le niveau de tallage (visible par le nombre de tiges) constitue donc un indicateur fort du risque de verse. D’une part, croisé avec la densité de tiges, elle-même dépendante de la densité de semis, il laisse présager du niveau de concurrence pour la lumière entre les tiges : plus leur densité est élevée, plus l’élongation des entre-nœuds est forte et précoce pour permettre à chaque tige d’être plus compétitive pour capter de la lumière. D’autre part, il contribue à définir le niveau de la fertilisation azotée, qui affecte le rapport carbone sur azote (C/N) des matériaux entrant dans la composition des parois de la tige. Plus ce rapport est faible, moins les parois sont solides. Qu’il s’agisse de la maîtrise de la densité de semis ou d’une modération de la fertilisation azotée précoce, toute action sur le tallage a donc une répercussion forte sur le risque de verse.

Un risque défini à la montaison

Les conditions climatiques entre les stades épi 1 cm et 1-2 noeuds sont également très importantes afin d’évaluer le risque de verse. Lorsque les températures sont élevées, des changements physiologiques se produisent dans les plantes, induisant une moindre élongation des tiges ainsi qu’une régression des plus jeunes talles. Un important rayonnement lors de la montaison réduit l’étiolement des tiges en limitant la concurrence précoce pour la lumière : chaque tige ayant accès à une quantité suffisante de lumière pour assurer son métabolisme, l’allongement excessif des premiers entre-nœuds est évité. Enfin, les précipitations autour du stade épi 1 cm conditionnent la valorisation des apports d’engrais minéraux, et donc la richesse en azote des tissus constituant la tige. Le risque de verse est en fait induit très précocement, en tout début de montaison, les pluies et le vent de fin de cycle n’étant que des facteurs déclencheurs.



Raisonner du semis à la sortie d’hiver

La lutte contre la verse se raisonne donc à différentes étapes du cycle cultural. Au semis, le choix croisé de la date de semis, de la densité, du précédent et de la variété conditionne très tôt un niveau de risque a priori. En sortie d’hiver, le niveau de risque se précise en fonction de la conduite et du climat. Il est possible d’envisager un traitement éventuel en intégrant le niveau effectif de tallage atteint pendant l’automne et l’hiver ainsi que les fournitures en azote du sol (niveau de reliquats azotés, dose d’un éventuel apport précoce). Un outil d’aide la décision comme Farmstar permet d’aller plus loin en intégrant une mesure du niveau de croissance de la culture en fonction de son stade de développement et de la météo prévisionnelle sur les phases épi 1 cm et 1 à 2 noeuds.

Limiter les régulateurs sur plantes stressées
Les régulateurs de croissance ont pour principe de freiner temporairement le métabolisme de la plante. Une application sur des cultures déjà stressées ou peu actives peut donc s'avérer fortement préjudiciable et provoquer d'importantes phytotoxicités. Il est donc indispensable de veiller aux conditions climatiques encadrant l'application de telles substances.


Deux catégories de molécules

Une fois le risque identifié et la décision de traiter prise, il ne reste plus qu’à choisir son régulateur de croissance. Les molécules évoluent peu et sont disponibles sur le marché depuis de nombreuses années. Elles se classent en deux catégories, selon l’hormone qu’elles inhibent dans la plante. Il existe donc les anti-auxiniques (inhibiteurs des auxines) et les antigibbérelliques (inhibiteurs des gibbérellines). Dans le cas du blé, les gibbérellines sont essentiellement actives autour d’épi 1 cm, alors que les auxines s’expriment davantage lors des phases plus tardives. Les produits de type chloméquat chlorure, mépiquat chlorure, trinéxapac-éthyl ou encore prohexadione-calcium sont donc recommandés précocement, tandis que les produits à base d’éthéphon se révèlent plus adaptés courant montaison. Dans le cas des orges, les gibbérellines sont moins présentes, donc seuls les anti-auxiniques sont réellement efficaces. En particulier dans le cas du blé, il est important de noter que les interventions précoces agissent surtout sur les tout premiers entre-nœuds et sont donc plus efficaces pour se prémunir de la verse.


Choisir un régulateur adapté



Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10