Prélèvement pour mesurer le RSH Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Azote sur blé : mesurer le reliquat de sortie d’hiver tôt cette année

06 janvier 2022

Le reliquat de sortie d’hiver (RSH) est déterminant dans le calcul des besoins en azote des cultures. Dans un contexte de disponibilité en engrais tendu, il est conseillé de le réaliser tôt afin de raisonner le premier apport d’azote (stade tallage) aux besoins réels du blé (impasse ou non, dose à apporter). Quelques rappels sur les bonnes pratiques de prélèvement et d’interprétation du RSH.

A quoi sert de connaître le reliquat d’azote du sol à la sortie de l’hiver ?

Au-delà d’être une contrainte réglementaire dans les zones vulnérables, le reliquat de sortie d’hiver permet d’estimer l’azote minéral contenu dans le sol disponible pour la culture. La valeur du reliquat est calculée à partir des quantités de nitrate (NO3-) et d’ammonium (NH4+) présentes dans les horizons 0-30 cm, 30-60 cm et 60-90 cm (la profondeur de prélèvement dépend de la profondeur du sol).

Les plantes absorbent principalement de l’azote sous forme de nitrate et, dans une moindre mesure, sous forme ammonium.

Tableau 1 : Utilisation normalisée des formes d’azote minéral mesurées dans le Reliquat Sortie Hiver
Utilisation normalisée des formes d’azote minéral mesurées dans le Reliquat Sortie Hiver

Cette mesure permet de calculer au plus juste la dose d’engrais totale à apporter a priori au cours de la campagne. La valeur du RSH est variable d’une parcelle à l’autre et d’une année à l’autre. Elle résulte du reliquat présent à la récolte du précédent, de la minéralisation ou de l’organisation pendant l’automne (humus, résidus de culture, couvert, effluent), de la consommation d’azote par la céréale et de la lixiviation éventuelle avec le drainage hivernal.

Quelle tendance attendre sur les niveaux de reliquats cette année ?

Il est encore trop tôt pour donner de réelles tendances aux valeurs de reliquats de cette année, mais l’analyse climatique de l’automne et de l’hiver peut fournir quelques indications.

Les cumuls de pluies enregistrés depuis le 1er septembre sont aujourd’hui assez proches de la médiane historique de la région (cartes 1 et 2). En effet, les pluies ont été significativement supérieures aux normales sur septembre et dans une moindre mesure sur décembre, mais elles ont été inférieures en novembre. Avec un mois d’octobre proche de la médiane, l’hiver 2021-2022 se caractérise donc pour le moment par un léger surplus de précipitations par rapport aux normales. Cet indicateur est plutôt favorable à des niveaux de reliquats moyens à faibles.

En revanche, il est plus difficile d’évaluer aujourd’hui les postes de minéralisation et d’organisation de l’azote dans le sol. Seuls les premiers retours d’analyses de reliquats nous donneront des estimations fiables du niveau de l’année.

Carte 1 : Cumul des précipitations (en mm) enregistrés entre le 1er septembre 2021 et le 2 janvier 2022
cumul des précipitations (en mm) enregistrés entre le 1er septembre 2021 et le 2 janvier 2022

Carte 2 : Ecart à la médiane historique 2001-2020 des cumuls de précipitations (en mm) enregistrés entre le 1er septembre 2021 et le 2 janvier 2022
Ecart à la médiane historique 2001-2020 des cumuls de précipitations (en mm) enregistrés entre le 1er septembre 2021 et le 2 janvier 2022

Un prélèvement à soigner pour assurer sa fiabilité

Plusieurs éléments de méthodologie doivent être suivis afin d’assurer la fiabilité de la mesure du reliquat de sortie d’hiver. Cette fiabilité est primordiale pour le calcul de la bonne dose d’azote à prévoir sur les cultures. Pour en savoir plus, rendez-vous sur l’article « Reliquats azotés : soigner les prélèvements de terre ».

Un ajustement possible de l’apport tallage selon la valeur du RSH

Si une bande double densité a été mise en place au semis, la décoloration de cette dernière justifiera un apport au tallage. Sans décoloration observée, l’impasse sera recommandée.

Si aucune bande double densité n’a été mise en place au semis, la valeur des reliquats constitue la clé d’entrée pour ajuster, voire supprimer dans certains cas, l’apport d’azote au stade tallage. On peut alors distinguer trois situations :

• Cas des premiers apports réalisés avec des engrais binaires ou ternaires et qu’une impasse azotée serait possible. Dans ce cas, le premier apport est difficile à supprimer. La stratégie peut alors être de le retarder d’au minimum 15 jours afin d’être dans une situation où le besoin en azote sera réel. Il est possible d’envisager un apport minime permettant de limiter la dose d’azote tout en apportant les quantités suffisantes pour les autres éléments. Un apport limité à 40 kg N/ha semble être un bon compromis dans cette situation.

• Cas de premiers apports réalisés avec des engrais uniquement à base d’azote : l’impasse est techniquement possible et pourra être envisagée si le blé est bien implanté et si vous êtes dans l’une des situations suivantes :
     - Reliquat dans les deux premiers horizons (0-60 cm) supérieur à 60 unités
     - Précédent riche en azote (légumineuse) ou fertilisation importante du précédent
     - Apport récent de matière organique
     - Sols profonds à bonne minéralisation

• Les impasses de l’apport tallage sont rarement justifiées dans les cas suivants : mauvaise qualité d’implantation ou faible développement de la culture, sols (très) superficiels, précédents peu riches en azote (tournesol ou colza à bons rendements), etc. Dans ces situations, l’apport devra être compris entre 40 et 60 kg N/ha (quantité cohérente avec les besoins actuels de la plante).

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