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Blé tendre au stade tallage, avant l’apport d’azote, en Normandie en 2019 Messagerie Normandie

Azote et céréales : quelle conduite tenir ?

07 février 2019

La gestion des apports d’azote doit tenir compte des niveaux de reliquats mesurés en sortie d’hiver, qui semblent être élevés cette année. En situations de parcelles sales, un désherbage est à prévoir au préalable.

L’état des cultures

Après un été sec en Normandie, l’automne et l’hiver ont également été modérément arrosés : les cumuls de précipitations observés sont inférieurs de 20 à 50 mm à la médiane depuis 20 ans pour la plaine de Caen, l’est de l’Orne et le sud de l’Eure (carte 1). Les déficits hydriques vont de 50 à 75 mm pour le reste du Calvados et le nord-ouest de l’Eure ; ils atteignent 100 à 120 mm en Seine-Maritime et dans le nord de la Manche.

Carte 1 : Ecart à la médiane du cumul de précipitations (mm) du 01/10/2018 au 31/01/2019 - Période retenue : 1998 - 2018

Côté températures, l’automne et l’hiver ont été relativement doux avec un écart à la médiane de la température moyenne compris entre 0 et 0,4°C pour le Calvados, la Manche et le nord de l’Orne et de 0,4 à 0,6°C pour le sud de l’Orne, l’Eure et la Seine-Maritime (carte 2).

Carte 2 : Ecart à la médiane de la température moyenne (°C) du 01/10/2018 au 31/01/2019 - Période retenue : 1998 - 2018

- La large fenêtre climatique des mois d’octobre et de novembre a permis de semer sans se précipiter jusqu’à la fin du mois de novembre. Les derniers arrachages de betteraves, moins tardifs que l’an dernier, et la situation météorologique de décembre ont ainsi limité les semis de janvier.

- Les traitements de prélevée pour les semis d’octobre ont pu être pénalisés par les conditions plutôt sèches de début octobre à début novembre. En novembre et début décembre, les désherbages ont très souvent été réalisés dans de bonnes conditions. Les passages en prélevée ainsi que les traitements à 2 feuilles ont été nombreux. Des phénomènes de phytotoxicité ont parfois été détectés et des parcelles d’orge ont pu être dans certains cas sévèrement concernées avec une perte de pieds conséquents. Il s’agit en particulier des parcelles désherbées tardivement entre fin novembre et mi-décembre en raison du retour des pluies et des températures gélives apparues lors de cette période.

- Les situations de développement des céréales sont variables et s’étalent comme l’ont été les semis, avec les dernières parcelles semées qui restent peu développées suite à l’épisode de froid de janvier.

- Compte tenu des conditions météorologiques, les reliquats azotés sortie hiver devraient être élevés cette année dans la plupart des situations normandes.

Quelles interventions et quand pour assurer rendement et qualité ?

Si les parcelles sont sales, les désherbages de rattrapage devront être réalisés dès que les conditions climatiques favorables seront réunies et les sols ressuyés et cela avant tout apport d’engrais. En effet, ceux-ci favoriseraient le développement des adventices et rendraient leur contrôle encore plus difficile.

La conduite des apports d’azote doit être adaptée aux reliquats sortie hiver, pour tenir compte de la capacité des sols à couvrir les faibles besoins des cultures dans les prochaines semaines. Si une bande double densité est en place, c’est son suivi qui devra déterminer la stratégie à adopter pour un apport à fin tallage.

Si un apport doit être effectué au stade tallage, il ne doit pas dépasser les 40 unités.

La forme d’engrais (ammonitrate, urée, solution) n’entraîne pas de retard ou d’accélération significative dans la valorisation de l’engrais et ne nécessite pas d’adaptation de la date d’apport proposée.

Attention : même si les conditions sont optimales pour réaliser un apport d’engrais azoté au tallage (sol ressuyé, parcelle propre, température moyenne > 5°C, pluie de 8 à 10 mm dans les 4/5 jours suivant l’apport), la valorisation par la culture sera de 60 % en moyenne. La valorisation d’un apport d’engrais azoté peut être encore plus faible dans le cas d’une culture correctement pourvue par l’azote disponible dans le sol.

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