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Parcelle de céréales en carence de soufre en Normandie Messagerie Normandie

Apport de soufre sur céréales : adopter la bonne stratégie

25 février 2021

Suite à la forte pluviométrie enregistrée depuis cet automne, les céréales 2020/2021 sont exposées à des risques de carence en soufre. Les clés pour évaluer l'intérêt d'un apport dans ses parcelles.

A quoi sert le soufre pour les plantes ?

Le soufre est, avec l’azote, le phosphore et le potassium, un des quatre éléments nutritifs essentiels à la croissance des céréales. Il joue un rôle central dans la fabrication de la chlorophylle et des protéines. La cinétique d’absorption du soufre est analogue à celle de l’azote : il est majoritairement absorbé durant la montaison, période de forts besoins des plantes.

Durant leur cycle, les céréales absorbent entre 50 et 70 kg de soufre par hectare sous forme de sulfate (SO42-). Avec la baisse des retombées de soufre atmosphérique, les carences sur blé sont plus fréquentes et doivent être anticipées.

Photos 1 à 3 : la carence en soufre se reconnaît à ses symptômes en foyer, une croissance légèrement altérée avec une décoloration des jeunes feuilles

Une carence en soufre peut provoquer des pertes de rendement (via la baisse du nombre d’épis, voire du nombre de grains par épis) de 2 à 10 q/ha, allant jusqu’à plus de 20 q/ha dans les cas les plus graves.

Pour en savoir plus, consultez la fiche accident carence en soufre

Un risque de carence selon le type de sol

Dans le sol, le soufre est majoritairement présent sous forme organique relativement stable (comme l’azote). Ce soufre organique peut être minéralisé en sulfate, forme absorbable par les plantes mais très sensible aux phénomènes de lixiviation (entraînement des sulfates en profondeur par les pluies). A titre de comparaison, les sulfates sont plus sensibles à la lixiviation que les nitrates.

Ainsi, certains contextes sont propices aux carences en soufre sur les céréales. C'est notamment le cas des sols argilo-calcaires superficiels (sols filtrants), où les risques de pertes de soufre par lixiviation sont importants (en fonction de la pluviométrie de l’automne-hiver). Plus généralement, les sols à faibles teneurs en matière organique ou minéralisant peu au printemps sont à surveiller.

460 mm de pluie en moyenne depuis le 1er octobre : année à risque !

Avec des cumuls compris entre 300 mm (Saint-André-de-L’Eure) et 720 mm (Cherbourg, Villedieu-les poêles) entre le 1er octobre 2020 et le 20 février 2021, l’année affiche un risque de carence en soufre.

La grille ARVALIS de préconisation d’apport de soufre (tableaux 1 et 2) distingue trois niveaux de risque en fonction des types de sols, de la pluviométrie hivernale (1er octobre au 1er mars) et des éventuels apports de soufre sur la parcelle les années précédentes.

Tableaux 1 et 2 : grille de préconisation en soufre sur céréales (kg SO3/ha) entre début et fin tallage, sur blé pour un rendement de 80 q/ha – source ARVALIS

En fonction des pratiques et du type de sol des parcelles, il est possible de se référer aux tableaux pour évaluer le risque de carence et adopter ainsi la stratégie la plus adaptée.

Carte 1 : Cumul de pluies (en mm) du 1er octobre 2020 au 20 février 2021 (réseau Météo France-ARVALIS)



Quelle dose apporter ?

Les doses préconisées par la grille doivent être modulées selon le potentiel de rendement.

Pour un blé d’hiver, avec un potentiel de 80 q/ha, l’apport varie entre 40 et 50 kg SO3/ha, auquel il faut rajouter ou retrancher 5,5 kg/ha pour chaque écart de 10 q/ha par rapport à la référence.

Les préconisations sur orge d’hiver sont identiques à celles du blé tendre.

En cas d’apports fréquents (≤ 3 ans) et réguliers (au moins depuis 10 ans) de produits résiduaires organiques (fumiers, composts…) contenant du soufre, un apport de 20 à 30 unités n’est préconisé que dans les sols à risque élevé.

A quel moment et sous quelle forme effectuer les apports ?

De la même manière que pour l’azote, les besoins en soufre des cultures augmentent à partir du stade épi 1 cm. L’apport de soufre peut être envisagé entre le tallage et le début de la montaison afin d’anticiper d’éventuelles carences précoces et d’obtenir une bonne valorisation.

Pour rappel, une non-satisfaction des besoins en soufre peut affecter le nombre d’épis par m² ainsi que le nombre de grains par épi. Il est possible de corriger une carence à la vue de symptômes au champ jusqu’au stade 1 nœud sans perte de rendement. Passé ce stade, des apports de rattrapage en pulvérisation foliaire sont possibles.

Quant au choix de la forme de soufre, il existe une large gamme d’engrais mais elle n’influence pas l’efficacité de l’apport. Il est nécessaire de prendre en compte la gestion des autres éléments associés au soufre lorsqu’on choisit un engrais binaire ou ternaire ainsi que le coût.

A savoir

Les quantités de soufre des produits sont exprimées en SO3 et non en soufre. Pour convertir S en SO3, il faut multiplier par 2,5 : teneur SO3 = teneur S x 2,5. Assurez-vous lors du choix du produit d’avoir assez de quantité de SO3 pour combler les besoins de votre culture !

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