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Deux variétés de blé tendre, épis au stade grain pâteux, en juin 2021 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Anomalies des épis de céréales : différentes origines possibles

17 juin 2021

Sécheresse et froid en avril, pluies répétées en mai...les conditions climatiques de ces derniers mois ne sont pas sans conséquences sur les épis de céréales. On peut ainsi observer des destructions partielles d'épis, des épillets surnuméraires, des symptômes de maladies... Panorama des causes à envisager.

Epis incomplets

Destructions partielles d’épis

Observation : l’épi est partiellement détruit (c’est-à-dire que les pièces florales ne sont plus identifiables) en son sommet, ou en différents endroits le long du rachis.
Elément déclencheur probable : gel courant montaison (après 1-2 nœuds).
Evaluation des conséquences : il faut estimer l’impact sur le nombre de grains par m², en combinant la proportion d’épis touchés et l’intensité des symptômes sur chaque épi. Exemple : 10 % des épis touchés x 33 % de l’épi touché en moyenne = 3,3 % d’impact théorique sur le nombre de grains/m².
Echantillonnage préconisé : au moins 20 épis. On ne tient pas compte de différences de fertilité entre les zones de l’épi et une potentielle compensation via le poids de mille grains (PMG).
Impact probable : 0-5 % (15 % maximum).

Régression des hauts/bas d’épis

Observation : les extrémités de l’épi présentent des épillets verts et facilement différenciables, mais de petite taille (< 5 mm) qui ne contiennent pas de grain. La culture présente en général d’autres symptômes : faible densité d’épis, hauteur réduite, sénescence des feuilles du bas de la plante.
Elément déclencheur probable : stress hydrique (et éventuellement azoté) : la plante a émis des épis, mais un stress nutritionnel a réduit la photosynthèse courant/fin montaison, empêchant le développement optimal des épillets tardifs.
Evaluation des conséquences : il s’agit le plus souvent de symptômes récurrents dans une parcelle donnée, car causés par des caractéristiques du sol qui génèrent des stress (rond de cailloux, mouillère avec mauvais enracinement). Il faut donc se replacer dans le contexte de la parcelle pour évaluer un écart à une moyenne. La densité des épis est un premier indicateur précoce ; la fertilité des épis doit être également appréciée, car elle est fortement affectée.
Impact probable : confondu avec la perte d’épis et la réduction de la croissance (5-30 %).

Cas particulier des orges : il est fréquent d’observer sur le haut des épis un « plumeau » blanc. Il s’agit d’un symptôme très fréquent, voire systématique sur orges, notamment en 6 rangs. Cette espèce initie toujours un épi très développé, dont l’extrémité avorte pendant la montaison. Si le niveau de stress est réduit, l’avortement est limité et peu de vestiges de l’extrémité avortée sont visibles. En cas de stress important, la partie fertile de l’épi se réduit et laisse apparaître le haut de l’épi avorté.

Epillets surnuméraires

Observation : l’épi semble déformé, « ébouriffé » au premier abord, mais dans le détail, on observe les pièces florales supplémentaires accolées aux épillets, voire des épillets complets « en double ».
Elément déclencheur probable : fraîcheur courant montaison qui perturbe la morphogénèse de l’épi, en déclenchant la production désordonnée d’épillets supplémentaires. Les effets variétaux sont assez nets.
Evaluation des conséquences : a priori, aucune conséquence négative ; éventuellement aptitude à porter quelques grains supplémentaires. Ce phénomène est souvent lié à des conditions fraîches à l'origine d'une croissance lente et prolongée des cultures en phase de montaison.
Impact probable : nul, et plutôt souvent corrélé à un bon potentiel.

Formation des grains en retard

Observation : en ouvrant les fleurs, on constate que tous les grains n’ont pas le même niveau de développement. Phénomène normalement corrélé aux symptômes d’épis qui baillent.
Elément déclencheur probable : retard de fécondation causé par des difficultés des fleurs à s’autoféconder ; la fécondation peut donc être déclenchée par du pollen externe capté ultérieurement (quelques jours après la floraison). Probable défaut de fertilité du pollen (problème à la méïose pollinique) : conséquence de froid et/ou de mauvais rayonnements en fin de montaison, lorsque le pollen se constitue. Effets variétaux très probables.
Evaluation des conséquences : attendre la fin du remplissage (entre grain laiteux et grain pâteux) pour bien considérer les grains « en retard » et les fleurs vides. En fonction des conditions de remplissage, les grains concernés présenteront un PMG inférieur ou égal à ceux ayant présenté un développement « normal ». Attention aux diagnostics trop précoces : il peut être difficile de distinguer un grain récemment fécondé d’un ovaire stérile.
Impact probable : variable et dépendant du nombre de grains absents : 5-50 %.


Epis blancs

Observation : des épis blancs isolés apparaissent dès l’épiaison ou la floraison, ou virent du vert au blanc pendant le remplissage.
Elément déclencheur probable : cause biotique (piétin-verse, insectes s’attaquant à la tige) la plus fréquente. Ponctuellement, cause climatique : impacts de grêlons sur les tiges, qui altèrent l’alimentation des épis ; en général, des symptômes sont visibles sur feuilles. Si l’épisode de grêle est postérieur à l’épiaison, des épillets peuvent être détruits de manière aléatoire. Il peut s’agir d'un épisode modeste qui passe quasiment inaperçu sur le moment.
Evaluation des conséquences : proportionnelles aux épis et/ou épillets détruits. Estimer l’impact sur le nombre de grains par m², en combinant la proportion d’épis touchés et l’intensité des symptômes sur chaque épi.
Impact probable : 0-10 %.

Maladies : rouille jaune sur épis

Dans un certain nombre de cas, sur variétés sensibles, la pression de rouille jaune a progressé et on observe la présence de pustules sur épis. Le blé tendre et le blé dur sont touchés.

Même si nous n’avons pas de références sur des attaques de rouille jaune sur épis, l’expérience nous a montré que les traitements tardifs peuvent être encore valorisés jusqu’au stade « grain laiteux », mais uniquement dans des situations à bon potentiel et dans des milieux favorables où le remplissage est lent. Compte tenu des stades actuels et des conditions de remplissage, la valorisation d’un traitement de ce type serait très hasardeuse. D’autre part, de telles applications peuvent facilement sortir du cadre de respect des délais avant récolte (DAR), notamment lorsque ceux-ci sont notifiés en jours : la durée du stade grain laiteux à la récolte peut facilement descendre à moins de 35 jours en cas de fin de cycle chaude et sèche, ce qui semble se profiler à l’heure actuelle.

Dans ces conditions, il nous paraît préférable de ne pas envisager de traitement.

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