En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Pucerons sur une feuille d’une jeune plante d’orge  de printemps en mars 2020 en Ile de France Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Alerte pucerons dans les céréales de printemps

26 mars 2020

La présence de pucerons est signalée dans certaines parcelles de céréales. La surveillance est de mise pour les jeunes plantules d’orges ou de blés de printemps, surtout dans les zones où la jaunisse nanisante de l’orge a été signalée. A noter, l’arrivée progressive des auxiliaires, observée notamment dans les secteurs sud de la région.

Les céréales à paille peuvent être colonisées à plusieurs époques par des pucerons de différentes espèces.

Sur jeunes plantules, que ce soit pour les semis d’automne ou de printemps, les pucerons - même en faible quantité - peuvent entraîner de forts dégâts suite à la transmission de virus. Les céréales sont d’autant plus affectées par la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) que l’inoculation virale a lieu au début de leur cycle de développement. Sur les cultures de printemps, la vigilance est à porter en priorité sur les orges de printemps, plus sensibles que le blé tendre et le blé dur. Les parcelles semées en janvier sont encore en période de risque.

Au printemps, sur les semis d’automne, les populations de pucerons peuvent se développer sur les feuilles, parfois en quantité, sans que leur nuisibilité n’ait été mise en évidence. Seuls les pucerons qui passeront sur épis seront nuisibles : un diagnostic sera à faire à ce moment-là.

Les espèces de pucerons potentiellement présentes

Différentes espèces de pucerons peuvent actuellement être présentes dans les parcelles, avec parmi elles :
- Metopolophium dirhodum (puceron des feuilles de graminées) : ce puceron se développe essentiellement sur les feuilles au printemps et ne passe pas sur les épis. Dans nos travaux historiques, même lors de fortes pullulations au printemps sur céréales d’hiver, sa nuisibilité n’a jamais été mise en évidence. Sur jeunes plantules, ce puceron peut transmettre le virus de la JNO.

- Sitobion avenae : il se développe essentiellement sur épi mais peut coloniser le limbe des feuilles supérieures. Il n’y a pas d’élément, ni dans la bibliographie ni dans nos références historiques, qui indique que sa présence en quantité importantes sur feuilles entraîne forcément une pullulation sur épis. En revanche, ce puceron peut être porteur des virus de la JNO : vigilance donc pour les céréales de printemps.

- Rhopalosiphum padi : ce puceron se rencontre sur feuilles ou gaines, rarement sur épis. Sa présence sur feuilles au printemps est un risque seulement pour les jeunes céréales de printemps encore sensibles à l’infection JNO.

D’autres espèces vectrices constituent également un risque JNO sur les jeunes céréales à paille, comme par exemple Rhopalosiphum maidis, ou encore Schizaphis graminum (recensés à l’automne sur plantules d’orge).

Attention ! Myzus persiscae, le puceron vert de pêcher, n'est pas un vecteur de JNO. Très préjudiciable pour d’autres cultures, il est possible de l’observer sur céréales à paille mais ce puceron ne peut pas inoculer le virus de la JNO et n’a donc pas de nuisibilité directe reconnue sur ces cultures.

La répartition des différentes espèces sur le territoire n’est pas homogène. Elle subit des variations annuelles et saisonnières.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Quand observer ?

Les journées ensoleillées prévues cette semaine seront d’une aide précieuse pour les observations. Toutefois, les températures annoncées étant fraîches, celles-ci sont à réaliser aux heures les plus chaudes.

Que faut-il faire ?

Sur céréales d’hiver

Ne rien faire. Une visite peu de temps avant l’épiaison est à prévoir.

Sur céréales de printemps

Vis-à-vis des différentes espèces de pucerons vectrices de JNO, les recommandations sont à ce jour les mêmes que celles sur les céréales à l’automne. Le traitement insecticide est recommandé jusqu’au stade tallage en présence de 10 % de plantes habitées par au moins un puceron, ou en dessous de ce taux, si les pucerons sont encore observés au bout de 10 jours.

Pour en savoir plus sur les différentes espèces de pucerons, cliquez ICI.

Suivez l’installation des auxiliaires…

Malgré des températures matinales fraîches, les auxiliaires, notamment des coccinelles, commencent à être observées dans les parcelles présentant des populations importantes de pucerons dans les zones les plus au sud de notre région. Une fois installés, ces insectes prédateurs des pucerons vont opérer une régulation qui est parfois spectaculaire.

L’observation, à l’aide du tableau 1, va permettre de vérifier que la régulation se met en place.

Tableau 1 : Principaux auxiliaires et parasitisme contre les pucerons

Pour aller plus loin, rendez-vous sur le site du projet ARENA

Covid-19 : les équipes régionales d’ARVALIS restent mobilisées et connectéesL’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

1 commentaires 30 mars 2020 par YOUCEFI

très intéressant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10