En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Ray-grass dans une par-celle de blé tendre à montaison, avant désherbage de rattrapage, début avril 2020 en Occitanie Messagerie Ouest Occitanie

Adventices dans les céréales : des solutions de rattrapage disponibles

09 avril 2020

De nombreuses parcelles de céréales sont encore infestées par les adventices, graminées mais aussi dicotylédones et vivaces. Plusieurs solutions herbicides sont disponibles, dont il faut respecter les stades limites d’utilisation.

Comme c’est le cas depuis déjà de nombreuses années, le ray-grass est la mauvaise herbe la plus problématique des céréales d’hiver : c’est une espèce nuisible en raison de la concurrence exercée sur la culture, de l’accentuation des risques maladies (ergot), du développement de plus en plus fréquent de populations résistantes aux herbicides antigraminées foliaires utilisés en sortie d’hiver et de la faible efficacité des moyens de destruction mécanique. De plus, bien que les levées soient majoritairement automnales, on observe fréquemment des levées échelonnées jusqu’au début, voire milieu du printemps.

A ce jour, la situation est disparate en fonction des parcelles, en particulier du fait de la pluviométrie hivernale et des dates de semis. Les parcelles semées entre fin octobre et début décembre qui ont pu bénéficier d’un désherbage d’automne présentent, dans l’ensemble, une maîtrise satisfaisante des mauvaises herbes, et plus particulièrement du ray-grass. On constate cependant des levées tardives en graminées (ray-grass, folle-avoine) et dicotylédones (dont des espèces printanières telles que renouées, chénopode…). Des levées plus ou moins fortes de jonc des crapauds sont également signalées.

Dans la plupart des situations, il est maintenant trop tard pour contrôler efficacement les ray-grass. Des rattrapages sont toujours possibles sur folle-avoine, dicotylédones annuelles (anthémis, coquelicot, ammi élevé, renouées…) ou vivaces (chardons…).


Photo 1 : Différence de salissement sur vulpin entre un programme automne + sortie hiver ou sortie hiver seulement – Essai ARVALIS Gers – C. Picard

Les parcelles semées à fin décembre et en janvier sont moins infestées en mauvaises herbes. Dans ces situations cependant, la présence de ray-grass développés, levés dans l’interculture et non détruits par un herbicide non sélectif avant semis est problématique.

Des solutions de rattrapage sont encore possibles, y compris sur ray-grass encore peu développés (< plein tallage) mais il faut prendre en compte les stades limites d’application et l’autorisation sur céréales de printemps (semis après le 1er janvier).

Tableau 1 : Liste d’herbicides de rattrapage avec stades limites d’utilisation, délai avant récolte et autorisation (oui ou non) sur blé semé après le 1er janvier

Attention aux conditions de traitement

Des traitements herbicides ont été réalisés autour du 25-28 mars alors que les températures sont descendues sous les 0°C le 27 mars. Des marquages sont visibles sur le feuillage suite à ces passages dans certaines parcelles (par exemple, des jaunissements suite à l’application de sulfonylurées). Les conditions étant poussantes maintenant, les conséquences ne devraient pas être trop importantes si les stades des blés sont respectés (pas d’hormones après 2 nœuds notamment).


Photos 2 et 3 : brûlures suite à l’application de 2,4, MCPA - A. Nalis (Unicéréales)

Et le désherbage mécanique ?

Sur les dernières céréales implantées, en fin de tallage, des passages d’outils mécaniques ont été réalisés début mars.

A ce jour, les conditions sont parfois trop sèches pour envisager cette opération. Toutefois, dans quelques situations, notamment en argilo-calcaires, un passage de herse étrille peut s’envisager.

Gérer les vivaces en cultures d’été

Il est possible de gérer les vivaces avant cultures d’été, en particulier en agriculture biologique.

Pour ralentir la progression de ces adventices (chardons notamment), il faut multiplier les passages en sol nu. Inutile d’aller trop profond : scalper les racines à 10-15 cm de profondeur est suffisant. Dès que les plantules ont de nouveau 4 à 5 feuilles, le rond de chardon doit être de nouveau scalpé. Idéalement trois ou quatre passages permettent de maîtriser les vivaces sur cultures d’été.


Photo 4 : essai désherbage mécanique en Bio (Gers) – B. Eydoux

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10