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Parcelle de maïs envahie d'adventices Lutte contre les adventices

Adapter la stratégie de désherbage du maïs à la flore recherchée

30 avril 2014

 Le type de flore dominante dans la parcelle guide le choix de la stratégie de désherbage. Si la parcelle est infestée principalement par des graminées estivales, il est conseillé d’intervenir en pré-levée avec un herbicide racinaire. A l’inverse, si la flore se compose majoritairement de dicotylédones, les produits foliaires en post-levée offrent les plus larges spectres d’efficacité.


Le désherbage du maïs est un point crucial de l’itinéraire technique pour la réussite de la culture, et ce d’autant plus que les semis sont précoces. En effet, le temps d’installation de la culture est plus long, et les gabarits de maïs sont plus compacts, laissant entrer la lumière plus durablement entre les rangs. Par conséquent, en l’absence d’un désherbage efficace en début de cycle, la compétition des adventices sur le maïs se fait plus durement ressentir.

Il existe quatre grands types de stratégies de désherbage :
Tout en pré-levée avec des herbicides racinaires
Tout en post-levée avec des herbicides foliaires
Un programme pré + post-levée
Une stratégie mixte combinant interventions chimiques et mécaniques

C’est le type de flore dominante dans la parcelle qui guide le choix de la stratégie.

SommaireUne flore adventice très variée
Privilégier les traitements racinaires en pré-levée pour les graminées
Désherber en post-levée les dicotylédones
Intégrer le désherbage mécanique dans l’itinéraire cultural ?

Une flore adventice très variée

Le cortège floristique d’une parcelle de maïs peut être très diversifiée et incluent aussi bien des dicotylédones que des graminées ou des vivaces. Les dicotylédones dites classiques telles que les chénopodes, les morelles, les amarantes, ou les renouées persicaires sont présentes depuis de nombreuses années dans les parcelles de maïs, et la gestion du désherbage pour ce groupe d’adventices n’est en général pas problématique. Les dicotylédones classiques diminuent légèrement en fréquence ces dernières années.

Depuis le retrait de l’atrazine, d’autres dicotylédones ont fait leur apparition telles que les mercuriales annuelles, les renouées liseron, les renouées des oiseaux, le mouron des oiseaux, ou encore le datura. Ce groupe d’adventices est qualifié de dicotylédones difficiles car leur désherbage est beaucoup plus complexe. La pression de ces dernières augmente dans les parcelles de maïs, tant en fréquence qu’en densité.

Des graminées estivales que sont les panics-pied-de-coq, les sétaires, les digitaires, et les pâturins sont également présentes dans les parcelles de maïs. Leur fréquence est relativement stable, mais leur densité augmente légèrement. Enfin la pression des vivaces telles que les liserons augmente ces dernières années dans la quasi-totalité des zones de production de maïs, et principalement dans les zones de rotations courtes.

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Privilégier les traitements racinaires en pré-levée pour les graminées

Dans les parcelles où les graminées estivales sont prépondérantes, un traitement en pré-levée avec des produits racinaires est conseillé afin de viser l’efficacité maximale et de lever précocement la concurrence. En effet, les graminées ayant souvent des levées échelonnées, leur contrôle en post-levée du maïs est nettement plus délicat. De plus, en post-levée, seuls des herbicides de la famille des sulfonylurées sont disponibles et le recours à des herbicides racinaires en pré-levée permet d’introduire un mode d’action différent pour le contrôle des graminées dans la rotation. En l’absence de dicotylédones difficiles et avec une faible pression des dicotylédones classiques, un traitement en pré-levée peut suffire, mais c’est de plus en plus rare. Un rattrapage de post-levée se justifie le plus souvent pour la gestion des dicotylédones annuelles et vivaces.

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Désherber en post-levée les dicotylédones

A l’inverse, si la flore dominante de la parcelle se compose essentiellement de dicotylédones, un traitement en post-levée est plus approprié. Une vigilance toute particulière doit être accordée aux dicotylédones difficiles. Ces dernières sont mal contrôlées par les herbicides racinaires, et sont difficiles à détruire à des stades avancés (supérieurs à 3 feuilles). Il ne faut donc pas hésiter à intervenir en post-levée précoce sur des adventices jeunes (stades 2-3 feuilles), à condition que le maïs ait dépassé le stade pointant pour éviter tout problème de phytotoxicité. Dans le cas d’une parcelle fortement infestée en graminées et dicotylédones difficiles, un programme pré + post-levée est indispensable afin de garder sous contrôle les adventices.

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Intégrer le désherbage mécanique dans l’itinéraire cultural ?

Une autre possibilité consiste à combiner interventions chimiques et mécaniques. Trois stratégies se dégagent :
un traitement en pré-levée suivi d’un passage de bineuse en post-levée entre 3 et 7 feuilles du maïs selon le stade des adventices
un traitement en post-levée précoce suivi d’un passage de bineuse
un passage de herse étrille ou houe rotative avant la levée du maïs suivi d’un rattrapage chimique en post-levée

Les résultats des différents essais conduits sur cette thématique montre que l'option "binage", après une pré-levée ou une post-levée chimique, semble plus fiable que l'intervention mécanique précoce avec herse ou houe rotative.

Cependant, le désherbage mécanique est plus délicat à mener car le nombre de jours disponibles est plus faible que pour un désherbage chimique. De plus, le débit de chantier d’une bineuse est plus faible que celui d’un pulvérisateur.

Proscrire le désherbage mécanique sur les vivacesLe désherbage mécanique est à proscrire en cas de présence de vivaces car il accélère leur multiplication végétative. En effet, le passage des outils de désherbage mécanique sectionne les rhizomes. Or chaque portion de rhizome peut donner naissance à une nouvelle plante.

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1 commentaires 02 mai 2014 par CHICOUENE

La post-levée chimique peut etre très décevante sur les fréquentes Véroniques de Perse. Concernant la lutte mécanique contre les vivaces, si elle est bien faite (avec des dents sectionnant horizontalement à quelques cm sous le sol, et non celle avec des dents verticales étroites), elle retarde le développement, et contribue à épuiser les réserves souterraines de celles qui en ont. Daniel Chicouène.

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