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Semis tardifs de céréales d’hiver Messagerie Pays de la Loire

Adapter la conduite des semis tardifs de céréales

14 novembre 2019

Difficile de trouver une fenêtre favorable aux chantiers de semis cette année. La sécheresse de fin d’été a laissé place à des pluies continues depuis le 20 septembre. Pour les céréales qui seront semées après le 20 novembre, l’ajustement de l’itinéraire technique s’impose.

Des cumuls de pluies très excédentaires depuis le 20 septembre

On note depuis cette date une succession quasi ininterrompue de jours avec des précipitations avec des cumuls nettement supérieurs aux valeurs médianes pour ce début d’automne. Dans les sols qui n’ont pas été travaillés avant le retour marqué des pluies, les semis ont pu être effectués à la faveur des quelques fenêtres climatiques, notamment autour du 25 octobre. Sur sols déchaumés assez profond, en revanche, l’ameublissement du sol l’a exposé davantage à la pluie, le rendant trop plastique pour pouvoir semer dans de bonnes conditions. Les quantités d’eau cumulées sont telles que les sols dépassent la capacité au champ. Ainsi, les parcelles qui n’ont pas encore été semées ne sont pas praticables à court terme pour implanter dans de bonnes conditions.

Figure 1 : Des pluies continues depuis le 20 septembre exemple de la météo à La Jaillière (44) - source ARVALIS

Tableau 1 : Des cumuls de pluie largement excédentaires en début d’automne, quel que soit le secteur de la région

Quelles variétés sont encore semables ?

Jusqu’à mi-décembre, on ne se préoccupera pas de l’alternativité : les variétés seront suffisamment exposées à des températures vernalisantes (entre 3 et 10°C) pour pouvoir monter à épi. Toutefois, un semis au-delà de la plage conseillée perd en potentiel car davantage exposé aux accidents climatiques, en particulier à l’échaudage et au déficit hydrique de fin de cycle dans notre région. Aussi, plus la variété semée est tardive à maturité, plus elle risque d’être pénalisée en cas de semis tardif. On privilégiera donc les variétés précoces à demi-précoces.

Dans le cas de semis très tardifs, au-delà de la mi-décembre, le changement de variété sera recommandé ; cependant, il n’est pas nécessaire de se ruer immédiatement vers des variétés alternatives ou de printemps. En effet, les variétés de type ½ hiver ou ½ alternatives, mais précoce à épiaison, restent souvent les plus productives pour des semis jusqu’en février, et cela même si elles présentent un retard significatif (+5 à 10 jours) à l’épiaison par rapport aux variétés de printemps. 

Quel impact sur le rendement ?

Dans notre région, nos références d’essais montrent que pour des semis de fin novembre, l’impact du retard de semis sur le rendement peut varier de 0 à -25 % selon les conditions d’implantation de la culture et de fin de cycle en mai-juin.

Figure 2 : Rendement obtenu en fonction de la date de semis en Pays de la Loire – source essais ARVALIS

Au-delà de décembre, les pertes de potentiel seront de l’ordre de 30 à 40 %. Il faudra alors donc bien évaluer l’intérêt technico-économique de produire une céréale d’hiver.
Ainsi, dans les sols les plus sensibles à l’hydromorphie, où il est peu probable que des semis puissent être réalisés en 2019, il peut être plus intéressant d’envisager une culture d’été.

Ne pas oublier les bases de l’agronomie

Il est préférable de semer dans de bonnes conditions que de chercher à semer à tout prix une variété pour ne pas trop s’éloigner de la plage conseillée. En conditions difficiles, la levée sera ralentie ; les stades jeunes étant davantage exposés aux limaces et à l’excès d’eau, les pertes de pieds seront plus importantes.

De même, il convient d’adapter les densités semées à la date et aux conditions de semis : l’augmentation des risques de pertes à la levée (limaces, hydromorphie), et la forte réduction du tallage en semis tardif exigent d’augmenter la densité de semis.

Tableau 2 : Densité de semis recommandée (en grains/m2) en fonction de la date et du type de sol

Adapter la protection des cultures

Vis-à-vis des ravageurs, maintenir une surveillance rapprochée : si le retard de semis limite fortement le risque d’exposition aux pucerons et aux cicadelles, il convient toutefois de rester vigilant vis-à-vis de ces insectes, en surveillant les parcelles dès la levée si le temps doux persiste.

De même, le temps doux et humide persistant, conjugué à une levée et à une croissance ralenties des jeunes céréales exige de surveiller attentivement l’activité des limaces.

Maintenir un désherbage d’automne – hiver sur les parcelles les plus sales : en présence de graminées d’automne, il faudra maintenir dans la mesure du possible, une base de désherbage d’automne avec des produits racinaires. Cette stratégie ne sera toutefois réalisable que si les conditions climatiques le permettent : portance, absence de fortes pluies et d’amplitudes thermiques suite à l’application. Dans les parcelles à flore simple (pâturin annuel et dicotes majoritaires, en faible densité), on peut envisager un simple passage en sortie d’hiver.

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