En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Parcelle vallonnée de blé dur à épiaison fin avril 2019, avec un village en arrière-plan, en Languedoc-Roussillon (bulletin ABDD) Messagerie Méditerranée

Ajuster la conduite des blés au potentiel des parcelles

29 avril 2021

Fface à l'impact du gel et de la sécheresse, la conduite des céréales - en particulier le dernier apport d’azote et la protection fongicide - doit être adaptée à chaque situation.

Les blés sont au stade épiaison. Le dernier apport azoté va être apporté sous peu. C’est également le moment de la protection fongicide de la dernière feuille étalée puis de l’épi.

Pour rappel, L’apport azoté peut être réalisé jusqu’au stade début floraison, voire jusqu’à 6 jours après la floraison seulement si une pluie conséquente a lieu.

Tableau 1 : Prévisions des stades du blé dur en fonction des dates de semis par secteur géographique

Que faire en situations non irriguées ?

Par rapport au potentiel climatique moyen sur 20 ans, les potentiels de rendement pour 2021 sont à ce jour déjà réduits de 20 à 40 % (tableau 2). Cet impact est bien entendu plus élevé sur les terres les plus séchantes (Narbonne, Maugio...). Les conséquences de ce stress sont déjà visibles notamment sur les parcelles les plus touchées (régression des talles secondaires).

Tableau 2 : potentiel de rendement en conditions non irriguées simulé au 24 avril 2021 avec le modèle GARRIC (hors gel d’épis)

Sur les parcelles ayant souffert du stress hydrique, il faut absolument ré-évaluer la dose d’azote à apporter à fin montaison en fonction du potentiel actuel et du nombre d’unités déjà apportées (tableau 3). Si vous avez déjà apporté la dose adaptée à votre nouveau rendement avec un dernier apport encore mal valorisé et maintenant assez lointain (3 semaines), vous pouvez emmener seulement 30 unités pour assurer la qualité.

Tableau 3 : Fractionnement de la dose totale d’azote selon le rendement espéré et l’objectif de protéines recherché pour un reliquat de 70 kg N/ha

Et en conditions irriguées ?

Sur les parcelles où une irrigation est possible, il y a généralement déjà eu deux tours d’eau en secteurs précoces et un en secteurs tardifs (Alpes de Haute-Provence), avec respectivement un troisième et un deuxième tour d’eau en cours. Ces irrigations ont déjà permis de sauver le potentiel des parcelles :
- 50 % de potentiel en plus sur des terres séchantes
- 30 à 45 % sur des terres intermédiaires
- 20 à 40 % sur des terres profondes

Sur ces parcelles, il faudra assurer de manière optimale la protection des blés, notamment contre les maladies de l’épi (risque fusariose plus important).
Pour l’azote, le raisonnement est le même qu’en parcelle non irriguée, il faut moduler la dernière dose en fonction du potentiel actuel (Tableau 4).

Tableau 4 : potentiel de rendement en conditions irriguées simulé au 24 avril 2021 avec le modèle GARRIC (hors gel d’épis)

Pour ce qui est de la durée de l’irrigation, elle va dépendre bien entendu des conditions météorologiques. Si on se base sur l’analyse fréquentielle du climat, faire un quatrième et dernier tour d’eau mi-mai en zone précoce permet de gagner encore 10 à 15 % par rapport au potentiel obtenu avec trois irrigations.

Que faire en cas de dégâts de gel ?

1) Sur des parcelles irriguées ou qui ont peu subit le stress hydrique (il reste des talles secondaires « costauds), avec des blés à un stade peu avancé (F3 à F2 qui pointe) (Hautes-Alpes ou semis un peu tardifs dans les Alpes de Haute-Provence) : Si les maîtres-brins ont gelé mais pas les talles, il faut booster la compensation (qui sera partielle) par les talles secondaires. Sur ces parcelles, il faudra apporter le plus tôt possible 30 à 40 kg N/ha avant une pluie significative. Suivant le comportement des talles et les conditions météos, un dernier apport sera envisageable.

2) Sur des parcelles non irriguées qui ont subi le stress hydrique, avec des régressions de talles, et des blés à un stade peu avancé (F3 à F2 qui pointe) (Semis des Alpes de Haute Provence un peu tardif) : si les talles ont régressé et qu’il ne reste que les maîtres-brins partiellement gelés, aucune compensation ne sera possible. Dans ce cas, il faut évaluer le pourcentage de dégâts dans la parcelle en comptant 10 épis de maîtres-brins successifs et en ramenant en % de maitres brins gelés : si un épi sur 10 est gelé, vous pouvez quasiment soustraire 10 % de rendement, et ainsi de suite. Selon les potentiels, il est inutile de continuer les frais. Ne pas faire d’apport azoté supplémentaire et faire un seul fongicide pour assurer une protection minimale.

3) Sur toute parcelle, irriguée ou non, a des stades avancés, la majorité des cas dans la Région (F1 qui pointe à Epiaison) : Comptez le nombre d’épis des maîtres-brins qui sont gelés selon la méthode décrite précédemment ainsi que ceux des talles (s’il en reste).
Si quasiment tous les épis et les talles ont gelé : arrêtez les frais.
Si les talles ainsi que les maîtres-brins n’ont pas ou partiellement gelé, il est impossible d’évaluer la perte de potentiel que cela peut avoir : si aucune talle n’a gelé, mais que 10 % des maîtres-brins ont gelé par exemple, quelle conséquence générale sur le rendement ? Il n’y a pas de référence à ce jour.
Sur ces parcelles, on préconiserait plutôt d’assurer le fongicide et de réduire la fertilisation azotée : reprendre les potentiels de rendement indiqués et soustraire 10 à 30% selon l’impact du gel : ça sera empirique.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10