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Désherber autrement

Activer les leviers agronomiques

12 août 2015

Rotation, travail du sol, étouffement des mauvaises herbes, sont autant de moyens de lutte qui permettent de compléter et optimiser l’usage des herbicides.

Les leviers agronomiques du désherbage correspondent aux techniques culturales en mesure de perturber directement ou indirectement le développement de la flore adventice d’une parcelle cultivée et ainsi faire baisser la pression de salissement (Fig. 1 : Les combinaisons de moyens de lutte à effets partiels). Afin de mieux comprendre et utiliser les atouts et limites de ces leviers agronomiques permettant de réduire les populations d’adventices, il est indispensable de prendre en compte les caractéristiques biologiques qui expliquent les dynamiques d’évolution des différentes espèces.

Miser sur la diversité des assolements

L’assolement et la rotation culturale qui en découle pour une exploitation de grandes cultures se fondent en premier lieu sur les critères de rentabilité économique, de débouchés… en adéquation avec les contraintes liées au contexte pédo-climatique. Ensuite, la prise en compte des effets agronomiques peut apporter des bénéfices plus ou moins significatifs. Au plan du désherbage, la rotation des cultures peut constituer une arme à double intérêt.

Alterner les dates de semis

Chaque culture favorise le développement des espèces adventices dont le cycle de reproduction s’inscrit le mieux dans le cycle cultural (Fig. 2 : Correspondances entre semis des cultures et levée des adventices). De ce fait, la rotation des cultures, en alternant et décalant les cycles "semis-récolte" des cultures et "levée-maturité" des mauvaises herbes, peut réduire la pression adventices d’une parcelle.

Diversifier les solutions de désherbage

Chaque culture dispose d’un arsenal herbicide spécifique, avec des points forts et des points faibles au niveau des spectres d’efficacité et des modes d’action. La rotation des cultures permet donc de diversifier et alterner les herbicides utilisés pour réduire les risques de sélection de flore "à problème".

Pour en savoir plus sur les différents modes d'actions des herbicides, cliquez sur ce lien.

Recourir aux différentes techniques de travail du sol

Le travail du sol peut également participer à la lutte contre les mauvaises herbes à différents niveaux.

Les faux-semis

Cette technique est intéressante si elle est répétée pendant l'interculture mais aussi sur plusieurs années. De plus, le semis de la culture suivante doit être décalé.

Certaines conditions doivent être respectées. Premièrement, il faut que le faux-semis soit positionné en fonction de la période de levée de l'adventice ciblée. En présence de vulpin, il est inutile de réaliser des faux-semis pendant l'été pour le faire germer, puisqu'il lève majoritairement en septembre/octobre. Pour le brome stérile et le ray-grass, qui peuvent lever pendant l'été, les faux-semis devront être préférentiellement menés sur un sol humide et avec un travail du sol superficiel (2 à 4 cm maximum) rappuyé.

Enfin, il est impératif de détruire les adventices levées avant l'implantation de la culture suivante (qui est donc décalée), avec un passage d'outil en conditions sèches ou une application de glyphosate (1 L/ha).

Le déchaumage profond

Le déchaumage profond permet la destruction des plantes annuelles plus ou moins développées. Le travail avec des outils à dents en conditions sèches peut également apporter une certaine efficacité dans la lutte contre les espèces vivaces telles que le chiendent, le liseron…

Le labour

Le labour est une intervention culturale dont les objectifs peuvent être divers, mais sa fonction "désherbage" reste toujours d’actualité. L’effet principal du labour vis-à-vis des adventices est pour l’essentiel lié à l’incorporation des semences en profondeur. Cette action pénalise le cycle et de fait le potentiel des adventices, en particulier les graminées adventices graminées telles que le vulpin, le ray-grass, ou le brome qui se caractérisent par une germination superficielle de leurs semences et un taux annuel de décroissance du stock semencier élevé (supérieur à 75 %).

L'idéal est d'effectuer un labour tous les 3 à 4 ans. S'il devient plus fréquent, il possède un effet négatif car il fait remonter des graines viables enfouies les années précédentes.

Décaler la date de semis pour faciliter la mise en place du faux-semis

Combiné à un faux-semis, le décalage de la date de semis peut permettre de réduire les populations de graminées de 50 à 90 %. Néanmoins, cela peut se révéler désastreux sur l'implantation de la culture, en cas de conditions automnales difficiles. Il s'agit donc d'un levier à utiliser dans les situations les plus difficiles, sans oublier de réaliser une application de prélevée. En effet, le semis tardif tend à repousser le désherbage en sortie d'hiver. Si les populations sont résistantes, cela ne fait que décaler le problème.

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6 commentaires 24 août 2015 par ROLAND

j'applique cette technique de faux semi, combine à un labour tous les 4 ans, et désherbage de toutes les céréales à l'autommne Roland

24 août 2015 par ROLAND

j'applique cette technique de faux semi, combine à un labour tous les 4 ans, et désherbage de toutes les céréales à l'autommne Roland

14 août 2015 par DENIS

OK ! mais attention....ne pas jeter la chimie totalement ....sinon ,les cancers bio. extermineront l'humanité demain...déjà retour massif des maladies mortelles dans les céréales bio ,(ergots ,carie ,etc....)contaminant les champs voisins qui en étaient débarassés grâce aux traitements phytosanitaires ... Mais ,chuttt' ! Personne n'en parle ,le terrorisme vert écrase toute information !

27 août 2013 par MORÉTEAU

Bel article. Sans prise de parti, logique et posé.

12 août 2013 par MAIGRET

Il n'y aurais pas la chimie, tous les agris appliqueraient ces pratiques. C'est tout naturellement de l'agronomie qui à été perdue et que les bios pratiquent depuis toujours et qui leur donne satisfaction.

09 août 2013 par FERRY

J'applique depuis 4-5 années --> Bons Résultats.

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