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Vue aérienne d’une parcelle de blé tendre, avec des zones de ronds jaunes. Cette décoloration indique la présence de rouille jaune Maladie des céréales

Être vigilant face au risque de rouille jaune

30 janvier 2015

La pression rouille jaune aura marqué la campagne 2014 par son importance. Vu les niveaux de contamination, les blés en terre pourraient subir de nouvelles attaques dès le printemps prochain. Selon la météo hivernale, une stratégie de protection robuste est à envisager.

Apparue en France et un peu partout en Europe en 2011, la race de rouille jaune Warrior s’est rapidement imposée pour devenir largement majoritaire en France en 2012. Cette année-là, sa présence se généralise sur blé tendre, sur blé dur et même sur triticale, aussi bien dans le nord que dans le sud de la France.

En 2013, elle est restée dominante mais s’est surtout manifestée sur triticale.

En 2014, la campagne a été marquée par l'épisode de rouille jaune le plus important de ces quinzes dernières années.


La race Warrior présente des symptômes peu sporulants, associés à des chloroses et des nécroses.

Suivre la résistance des variétés

La résistance variétale reste le moyen le plus économique et le plus efficace pour lutter contre la rouille jaune. Mais une gestion efficace de ce levier suppose un suivi des profils de virulence des populations de pathogènes présentes en France. Ce suivi est aujourd’hui assuré par l’INRA avec l’aide conjointe des sélectionneurs, d’ARVALIS - Institut du végétal et de tous les acteurs du développement agricole (étude financée en partie sur le programme européen FP7/PURE).

Ce travail a mis en évidence que la race Warrior se caractérise par un très large spectre de virulences capable de contourner un nombre élevé de gènes de résistance introduits dans les variétés. Ces gènes s’expriment dès le stade plantule et sont spécifiques. L’apparition massive et concomitante de cette race en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, au Danemark et en Suède, ses caractéristiques biologiques qui diffèrent de celles des isolats trouvés dans le nord-ouest de l’Europe et son profil moléculaire, suggèrent une origine exotique de cette race.

Des variétés à surveiller

Au plan pratique, cette nouvelle race ne semble pas avoir bouleversé le comportement des variétés françaises vis-à-vis de la rouille jaune. Seules quelques variétés semblent avoir évolué significativement, parmi lesquelles Allez y, Selekt, Arkéos, Expert et surtout Ephoros, Laurier et Fairplay : elles apparaissent nettement plus sensibles. La majorité des variétés de blé tendre semble heureusement garder un bon niveau de résistance adulte.

Les premiers signalements reçus début février 2014 correspondent généralement à des variétés déjà connues pour leur sensibilité : Altigo, Alixan, Ephoros, Trapez, Chevron…

Les triazoles à la rescousse

Même si la résistance variétale peut être mise en valeur contre la rouille jaune, les fongicides traditionnels, triazoles en tête, restent très efficaces contre cette maladie.

Appliqués au stade 1 nœud du blé dès l’apparition des pustules, les traitements testés dans les essais ARVALIS - Institut du végétal ont volontairement impliqué des fongicides actifs sur septoriose à ce stade. Rappelons toutefois qu’en cas d’attaques précoces, mieux vaut traiter les premiers foyers dès le stade épi 1 cm plutôt que d’attendre 1-2 nœuds.

Parmi les triazoles testés, l’époxiconazole, présent dans Opus New et Osiris Win, est particulièrement efficace sur la rouille jaune. En revanche, le metconazole (Sunorg Pro) et le prothioconazole (Aviator Xpro) semblent décrocher (figure 1).

Figure 1 : Fongicides : les triazoles toujours efficacessur rouille jaune

Efficacités et rendements de différentes associations à base de triazole sur la rouille jaune du blé (application unique au stade 1 nœud).

Les SDHI (présents dans Adexar ou Aviator Xpro) n’apportant rien de plus sur cette cible, ils doivent plutôt être réservés à des applications destinées à protéger la dernière feuille contre la septoriose.

L’analyse des rendements nets (rendements bruts moins le coût du fongicide) confirme l’époxiconazole et l’association du cyproconazole avec du propiconazole comme les molécules les plus rentables sur la rouille jaune. Avec plus de 40 q/ha de rendement net, Opus New et Cherokee offrent les meilleurs gains. A l’opposé, les gains les plus faibles sont obtenus pour Sunorg Pro (0,9 l) + Bravo (0,9 l) et Aviator Xpro (0,6 l).

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