28 août 2011

Bretagne

Vente et achat de maïs sur pied : estimer la transaction au plus juste prix

Suite au déficit de production fourragère constaté ces 2 dernières campagnes, certaines exploitations auront besoin de refaire des stocks. Après un début de cycle marqué par la sécheresse, les cultures de maïs ont pleinement profité du retour de la pluie en juillet et août et les rendements devraient être en définitive très corrects. Des achats de maïs sur pied pourront néanmoins être nécessaires pour compléter les stocks.

Pour déterminer le rendement de la parcelle le moyen le plus fiable reste la pesée, voire le cubage, du maïs ensilé, associée à une analyse du taux de matière sèche. L’estimation du rendement peut également se faire sur pied.

Dans tous les cas, le calcul repose sur le principe d’équivalence entre le produit de la vente du fourrage sur pied et le produit qui aurait été obtenu par le producteur avec la vente du grain.

La méthode d’estimation du rendement au champ, décrite ci-dessous, n’est pas un barème officiel mais un guide de négociation qui permet aux deux parties d’estimer la transaction au prix le plus juste.

1ère étape : Estimation du rendement au champ

L’estimation du rendement au champ se base sur le nombre de grains au m², premier facteur de variation du rendement.

Le seul examen de l’appareil végétatif peut être trompeur. Un développement végétatif moyen peut parfois cacher un nombre de grains correct, notamment si la culture a bénéficié d’orages bien placés par rapport à la floraison. A l’inverse, un développement apparemment normal des plantes ne garanti pas un bon niveau de rendement grain, cas des semis tardifs avec déficit hydrique à la floraison.

Pour une estimation convenable du nombre de grains, il faut réaliser les mesures dans une ou plusieurs zones représentatives de la parcelle :

  • nombre d’épis par m² ⇒ comptage sur au moins 3 x 10 mètres linéaire
  • nombre de grains par épi ⇒ comptage sur au moins 3 séries de 20 épis consécutifs

 

Estimation du rendement à partir du comptage de grains (ordre de grandeur)
Valable pour un maïs de morphologie « normale », à plus de 1 500 grains/m²
 
 


2ème étape : Evaluer le prix de la tonne de matière sèche sur pied

Il convient ensuite d’évaluer le produit brut par hectare qui correspond au prix payé au producteur (net de taxes et séchage) multiplié par le rendement. À ce produit brut, il faut ajouter une plus-value pour l’enlèvement des pailles (120 à 140 euros/ha) et déduire les frais non engagés par le vendeur, à savoir la récolte et le broyage des pailles (150 à 180 euros/hectare) ainsi que le transport (40 euros/ha).

Le prix du maïs grain payé au producteur ne sera pas connu lors de la vente. Il parait donc plus prudent de fixer un prix d’acompte et de régulariser ce prix ensuite, en fonction de l’évolution du prix du maïs grain.

Enfin, le vendeur aura intérêt à prendre en compte la qualité alimentaire du maïs qu’il vend, ce que l’acheteur ne manquera pas de vérifier. Un maïs « normal » riche en grain, entre 30 et 35 %MS plante entière, avec un appareil végétatif présentant des feuilles vertes (au moins 0.90 UFL par kg de MS) se négociera plus cher qu’un maïs pauvre en grains et/ou à faible développement.

Exemple:
Pour un rendement estimé à 80 quintaux par ha (ou 14 t MS/ha) et un prix payé au producteur de 18 € par quintal (net de taxes et de séchage), le prix de la transaction est de:
(18 € x 80 qx) + 130 € – 170 € – 40 € = 1 360 € par ha, soit environ 97 € par tonne de MS sur pied.


Sabine BATTEGAY, Antoine BRAY, Eric MASSON, Michel MOQUET (ARVALIS - Institut du végétal)

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