26 juin 2014

Pucerons du maïs

Reconnaître les trois espèces les plus fréquentes en France

Trois espèces de pucerons peuvent représenter un danger pour la culture de maïs : Metopolophium dirhodum, Sitobion avenae, et Rhopalosiphum padi. La principale source de nuisibilité provient du miellat produit par les pucerons. Il peut empêcher toute fécondation en cas de recouvrement des soies.

Les pucerons Metopolophium dirhodum, Sitobion avenae, et Rhopalosiphum padi sont présents sur tout le territoire français, et plus particulièrement dans les zones de culture de céréales à paille. Metopolophium dirhodum est l’espèce la plus précoce, tandis que Rhopalosiphum padi connaît son pic d’activité au moment de la floraison-fécondation du maïs, période durant laquelle l’épi sort ses soies.

Metopolophium dirhodum : gare aux attaques précoces

L’arrivée de Metopolophium dirhodum sur le maïs se produit de début juin à mi-juin selon les régions. Ce puceron est d’autant plus dangereux que le maïs est jeune et stressé et les pucerons présents en nombre. Généralement observé sous les feuilles de la base, ce puceron transmet une salive toxique (toxémiase) à la plante qui a pour effet de ralentir sa croissance. Les feuilles les plus jeunes présentent alors des stries longitudinales fines, blanchâtres, qui ressemblent à des symptômes de viroses, le cornet foliaire jaunit, et les feuilles se gaufrent. Ces striures donnent un aspect jaunâtre à la parcelle. D’autres symptômes peuvent s’exprimer tels que l’enroulement des feuilles les plus jeunes. Elles se déroulent difficilement et présentent des déchirures à la base du limbe. Si l’attaque se produit au stade 8-10 feuilles, au moment de la formation de la panicule, celle-ci sera atrophiée. Exceptionnellement, dans le cas de très fortes pullulations, les populations peuvent être présentes jusqu’à fin juillet.




De la levée à 7-8 feuilles, le maïs est très sensible aux attaques de pucerons. L’application d’un aphicide est justifiée à partir de 10 à 20 pucerons par plante. De 8-9 feuilles à l’apparition de la panicule, les plantes peuvent supporter de 100 à 200 pucerons. Attention cependant, en cas de forte sécheresse, ces seuils doivent être abaissés. 

Sitobion avenae : une nuisibilité plus limitée

La nuisibilité de Sitobion avenae est plus limitée par rapport aux autres espèces de pucerons. Ce puceron affaiblit la plante par prélèvement de sève mais ne cause de dégâts que lorsque les populations sont élevées. Il peut transmettre le virus de la Jaunisse nanisante de l'orge (JNO).

En début d’attaque, les colonies de pucerons sont situées sur les étages foliaires de la base de la plante, mais elles peuvent gagner les étages supérieurs dès 8-10 feuilles. Le risque est particulièrement élevé en cas de dépôt de miellat sur les feuilles du haut de la plante. Le miellat peut alors recouvrir les soies et empêcher toute fécondation. A la floraison, les populations peuvent être exceptionnellement élevées, mais en général, Sitobion avenae disparaît avant la sortie des soies.



L’application d’un aphicide est nécessaire lorsque le nombre de pucerons par plante dépasse les 500 avant le stade 9-10 feuilles. Il convient d’observer attentivement la culture après un traitement avec un insecticide pyréthrinoïde liquide contre la pyrale ou la sésamie. Des pullulations de pucerons peuvent intervenir trois semaines après le traitement.

Rhopalosiphum padi : l’espèce la plus dangereuse

Le puceron le plus dangereux pour le maïs reste Rhopalosiphum padi car son pic d’activité correspond à la période de floraison du maïs. Des colonies importantes sont susceptibles de se développer sur les dernières feuilles au sommet de la plante, voire sur la panicule. Les feuilles situées au-dessus de l’épi sont alors recouvertes par le miellat des pucerons et les soies directement exposées. Le développement massif des populations dans la période qui précède la floraison fait courir un risque très grave à la culture. La perte de rendement peut être totale, soit par absence de fécondation liée au recouvrement des soies par le miellat, soit par avortement des grains entre la floraison-fécondation et le stade limite d’avortement des grains. L’avortement des grains est lié au dépôt de miellat et au développement de fumagines empêchant les échanges respiratoires de la plante et la photosynthèse. Par ailleurs, Rhopalosiphum padi est un vecteur potentiel du virus de la JNO.



De même que pour Sitobion avenae, les risques de pullulation de Rhopalosiphum padi sont encore plus élevés après une intervention avec un insecticide pyréthrinoïde liquide contre la pyrale ou la sésamie. Des cultures ou des repousses infestées de pucerons à proximité du maïs représentent également un risque important.

Mise à part la « création d’un environnement » favorable aux auxiliaires des pucerons, il n’existe pas de solutions préventives. En végétation, il est possible de traiter avec un aphicide. Il faut suivre au préalable l’évolution des populations et leur installation sur les feuilles supérieures et la panicule. La lutte contre Rhopalosiphum padi est difficile à mettre en œuvre lorsque la pullulation affecte le sommet des plantes et les panicules en particulier. Le produit doit alors être appliqué avec un enjambeur.

La présence de populations significatives d’auxiliaires tels que les coccinelles, les chrysopes, ou les syrphes et/ou de symptômes de mortalité sur les pucerons peut inciter à retarder ou éviter le traitement.


Jean-Baptiste THIBORD (ARVALIS - Institut du végétal)

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