19 décembre 2013

Fertilisation des céréales

Exploiter d'autres sources d'azote que les engrais minéraux

Compte tenu du poids des engrais azotés dans les charges, la recherche d’une plus grande autonomie des systèmes de cultures vis-à-vis de cet intrant devient un enjeu majeur. D’autres sources d’azote existent telles que les produits résiduaires organiques ou les légumineuses capables de fixer l’azote de l’air.


La hausse du prix des engrais azotés, associée à leur instabilité, conduit à s’interroger sur l’adaptation des pratiques de fertilisation. Les raisons de cette hausse sont multiples :

l’augmentation durable du prix du gaz naturel, matière première indispensable à la synthèse d’engrais azotés ;

une consommation mondiale accrue d’engrais azotés poussée par la recherche de gains de productivité en Amérique latine et en Asie ;

des capacités de production limitées, particulièrement en Europe de l’Ouest.

Dans ce contexte, l’exploitation d’autres sources d’azote pour améliorer l’autonomie des systèmes de culture vis-à-vis des engrais azotés est une stratégie pertinente. Le recours aux produits résiduaires organiques et la valorisation des légumineuses dans les systèmes de culture vont dans ce sens.

Produits résiduaires organiques: un gisement important d’éléments fertilisants

Les produits résiduaires organiques (PRO) comprennent aussi bien les effluents d’élevage, que les produits d’origine urbaine (composts de déchets verts, boues urbaines…) et les produits d’origine agroindustrielle. Ils contiennent de l’azote sous forme organique et minérale dans des proportions très variables selon le produit. Si l’azote minéral essentiellement sous forme ammoniacale, présente la même efficacité que celle des engrais minéraux, il peut être sujet à une forte volatilisation dans les heures et jours suivant l’épandage en l’absence d’enfouissement rapide. De manière générale, l’apport en couverture sur des céréales d’hiver doit être réalisé de préférence sur une culture suffisamment développée (plein tallage) pour limiter le risque de pertes.

La vitesse de mise à disposition de l’azote organique des PRO est très variable. Pour certains, tels que les fientes de volailles, la part de l’azote organique à minéralisation plus rapide est plus importante, alors que pour d’autres, tels que les composts de déchets verts, elle est très faible. Certains types de produits avec un rapport C/N élevé peuvent immobiliser de l’azote minéral du sol durant les quelques mois suivant l’apport. Cette vitesse de minéralisation de l’azote organique PRO est à prendre en compte afin de les épandre au bon moment. Plus la mise disposition de l’azote des PRO aux cultures est rapide, plus ils devront être apportés au plus près de la période d’absorption importante de l’azote par les cultures. A l’inverse, il convient d’apporter suffisamment tôt les PRO qui ont tendance à organiser l’azote du sol, de manière à éviter la « faim d’azote » pour les cultures.

Introduire plus de légumineuses dans les systèmes de cultures

Les légumineuses présentent l’avantage de pouvoir fixer l’azote de l’air. Ainsi, les cultures de légumineuses n’ont pas besoin d’être fertilisées en azote et leurs résidus de culture à faible ratio C/N conduisent à des fournitures d’azote par le sol souvent plus élevées que celles observées après d’autres précédents. C’est une des composantes de l’effet précédent positif des protéagineux par rapport à des précédents pailles par exemple.

Les légumineuses peuvent être également valorisées en interculture. Elles jouent alors le rôle « d’engrais verts » après destruction en restituant une partie de l’azote accumulée au cours de son cycle à la culture suivante. Dans ce cas de figure, la légumineuse apporte de l’azote exogène au système par fixation symbiotique de l’azote de l’air.

Enfin, les légumineuses pérennes telles que la luzerne apportent de l’azote au sol sur plusieurs années via la décomposition des parties aériennes et du système racinaire après retournement.

Mots-clés

Réagissez !

Note globale :
  • (Aucun vote)
Commentaires

aucun commentaire pour l'instant

Merci de vous identifier pour commenter et noter cet article