28 mai 2014

Pomme de terre

Le choix du fongicide essentiel pour lutter contre le mildiou

Le mildiou est la maladie la plus nuisible et la plus courante pour la pomme de terre. Une attaque précoce peut entraîner des baisses de rendement de l’ordre de 50%. Cette maladie ne peut être traitée qu’en préventif principalement. Il s’agit de choisir le meilleur fongicide suivant les situations rencontrées.

Un temps d’incubation très court en conditions climatiques favorables

Le champignon responsable du mildiou passe l’hiver sous forme de mycélium dans des tubercules, en particulier ceux provenant des tas d’écart de triage. La sporulation se produit au printemps par temps doux et humide. La contamination des feuilles par ces spores a lieu lorsque la durée d’humectation du feuillage atteint ou dépasse 10h selon la température. Le temps d’incubation est très rapide lorsque les températures sont comprises entre 16 et 20°C, de l’ordre de 4 à 5 jours. Les spores sont disséminées par le vent et les pluies et contaminent de nouvelles feuilles et de nouveaux tubercules.

Le mildiou se reconnaît grâce à des taches d’aspect huileux puis brunes arrondies sur la face supérieure des feuilles. En conditions humides, ces taches croissent et laissent apparaître un feutrage blanc sur la face inférieure des feuilles. Sur les tubercules, il provoque des taches brunes.

Adapter le choix du fongicide à la pression de mildiou

Il existe différents types de fongicides.

Les produits de contact  protègent uniquement les feuilles présentes au moment de l’application. Ce sont des produits bon marché mais qui présentent une résistance moyenne au lessivage, de l’ordre de 20 mm de pluies. Les substances actives dominantes sont le mancobèze et le manèbe. Leur utilisation est à privilégier en cas de pression mildiou faible à modérée et de lessivage modéré (pluies + irrigation).

Les produits de contact élaborés protègent efficacement le feuillage et les tubercules et résistent bien au lessivage. Comme pour les précédents, les feuilles non présentes au moment de la pulvérisation ne sont pas protégées.  Les produits à base  de cyazofamide, fluazinam ou zoxamide entrent dans cette catégorie. Ces produits sont intéressants en fin de croissance active et en végétation stabilisée en cas de forte pression pendant les périodes de lessivage. Ils peuvent être utilisés pour les dernières interventions avant le défanage car ils possèdent une bonne efficacité contre le mildiou du tubercule.

La troisième catégorie comprend les pénétrants et les translaminaires. Leur résistance au lessivage est très élevée. Les produits translaminaires à base de diméthomorphe, de valifénalate, de mandipropamide, de fluopicolide, de benthiavalicarbe, de famoxadone, de propamocarbe et de fénamidone protègent les feuilles, les tubercules, mais aussi en partie les bourgeons en croissance. Ils ont également une action éradicante en réduisant le nombre de spores produites, leur potentiel infectieux, et la mobilité des zoospores. Les produits de ce type  sont donc intéressants en cas de risques mildiou élevés et de précipitations importantes.

Les produits pénétrants à base de cymoxanil ont une action préventive mais aussi curative sur le mildiou du feuillage en début de développement. La rétro-action n’excède pas 1 à 2 jours. Ces produits sont à privilégier lorsque la protection préventive n’a pu être assurée pour tenter d’annuler une contamination dans les 48h après. D’autre part, ils sont utilisés lors des attaques de mildiou déclarées en parcelle.

- Enfin, la dernière catégorie  regroupe les produits ascendants de la famille des  phénylamide. Ils ont pour principal intérêt de protéger les feuilles jeunes en cours de leur croissance au moment du traitement. Ils s’emploient donc principalement durant la forte croissance foliaire.


Mode d'action des matières actives (cliquez sur l'image pour agrandir)


La lutte contre le mildiou de la pomme de terre commence avant la plantation en prenant des mesures prophylactiques : pulvérisation de chaux sur les tas de pomme de terre, destruction des repousses, gestion appropriée des déchets... Pour en savoir plus sur les mesures prophylactiques efficaces pour éviter les contaminations précoces de mildiou, cliquez sur le lien.


Guillaume Beauvallet, Denis Gaucher (ARVALIS - Institut du végétal)

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